Des aiguilles, de la broderie, de la couture, le Luberon ça vous fait une Nathalie Locquen

Voilà aujourd’hui un personnage que j’ai plaisir à vous présenter : Nathalie Locquen.

On s’est connus par l’intermédiaire de Facebook et elle est tombée un jour sur mes créations en chambre à air et a tout de suite adhéré. cela fait plus de quatre ans que je « fréquente » Nathalie Locquen. Elle est présente sur les réseaux sociaux pour nous nous parler de de ses « Petits Riens », mais pas que. Elle déniche les créateurs et créatrices dans le monde de la broderie, de la couture, du patchwork et de la création en général

Elle ne se prend pas au sérieux.

Elle aime délirer (je l’ai fait plus d’une fois avec elle)

Elle a ses « coups de gueule », à propos de l’actualité.

Et puis elle a mis en place un « festival » sur la couture, broderie, patchwork et autres créatifs et créations. Ce festival a d’extraordinaire qu’il rayonne pendant 4 jours dans le Luberon sur plusieurs villages, mettant en scène différents exposants des quatre coins de la France mais même au delà de notre continent Européen. Et tout ce festival, AIGUILLES EN LUBERON n’est fait que pour le plaisir de promouvoir ces arts.

 

 

Aigu’illes en Luberon 2015 from La Bastidane on Vimeo.

 Je serais présent pour la seconde fois sur ce Festival, pour le plaisir de partager avec tous ces artistes, d’être dans une belle région et profiter de l’humour et de l’énergie de Nathalie.

 

Mais je vous laisse la découvrir

 

 

Bonjour Nathalie, peux-tu nous faire une brève description de ton parcours ?

 

Bonjour Jean Marc

 

Totalement hétéroclite, une scolarité des plus normale, de l’hydro-biologie marine en passant par l’administration centrale, des petits boulots d’étudiante aux dorures des ministères, j’ai toujours été une grande curieuse, c’est de cette curiosité qu’est née ce que je suis aujourd’hui.

 NATHALIE LOCQUEN

Comment t’es venue ce goût pour la couture, la broderie, le patchwork ?

 

J’étais une petite fille casse cou, garçon manqué comme disaient les anciens à l’époque. J’ai été élevée avec quatre cousins, et je préférais grimper dans les arbres et construire des cabanes, plutôt que d’avoir des activités dites de jeunes filles. Ma grand mère durant la sieste des longues après midi d’été en Provence, où je ne dormais pas « m’obligeait » pour rester tranquille, à apprendre les travaux d’aiguilles (broderie, couture, tricot ….). Mais la vraie passion est venue de ma grand tante, la soeur de ma grand mère, adepte du patchwork dès le milieu des années 70, j’ai appris auprès d’elle, elle qui a contaminée toutes les femmes de ma famille, et nous courions toutes ensemble d’exposition en exposition. Elle nous a quittés  en 2010 à l’âge de 95 ans, elle me manque toujours.

 

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

 Tout, mes voyages, un carrelage, une fleur, quelques lignes lues dans un roman ou une vieille revue, les animaux, les musées, les pays où j’ai eu la chance de vivre, les souvenirs ramenés par mon marin de mari, chaque seconde que je vis peut être une source d’inspiration. Mon monde de création n’est jamais éloignée du monde de l’enfance, monde dans lequel je vis toujours avec mes filles, j’ai cette nostalgie des greniers oubliées où l’on retrouve vieilles dentelles et poupées anciennes, ce monde que mes aïeules m’ont laissé. Et puis j’adore raconter des histoires, inventer des contes de fées parce que j’ai vu une grenouille croiser un escargot dans mon jardin.

 

 

Quels sont les «créatifs » que tu admires dans ton métier ?

 Mes filles encore jeunes qui loin du carcan de l’âge adulte, créent à chaque instant.  Coco Chanel pour son perfectionnisme, son sens des affaires, son besoin de différence et surtout pour avoir dépoussiéré la mode, Line Vautrin pour ses bijoux improbables, Leonor Fini pour son monde onirique, Cécile Balladino, pour ses facultés à assembler les couleurs, facultés que je n’ai pas, Laurence Wichegrod, parce que j’ai découvert des années après, qu’elle était la styliste et la créatrice de tant d’ouvrages, sur lesquels j’avais rêvé toute mon adolescence dans la revue 100 idées. Et Steve Jobs, mais c’est une autre histoire.

 

Tu t’occupes d’un festival , auquel je vais participer pour la seconde fois AIG’UILLES EN LUBERON. Comment t’es venue cette idée de créer cet événement ?

 Ce n’est pas mon idée, c’est ma mère qui m’en entrainée dans cette jolie galère dans cette belle aventure, alors conseillère municipale de son village, chargée du tourisme, elle a eu l’idée en revenant de l’exposition du Carrefour Européen du Patchwork à Sainte Marie les Mines en 2003 de créer quelque chose de similaire dans la Vallée d’Aigues, au coeur du Luberon. Elle m’a dit tu fais …. depuis nous travaillons toutes les deux ensemble pour chaque exposition et nous avons embarqué mon époux avec nous, qui a en charge la partie informatique et logistique, nous vivons pendant plus d’une année à l’heure d’Aiguilles en Luberon. La première a vu le jour en 2009, après des années de préparation. En 2015 ce seront les 4ème rencontres, cette année 13 villages nous invitent sur la route de la création textile.

 

Une organisation comme celle-ci sur plusieurs communes, demande de l’aide. Je ne vais pas te demander de citer tous tes aides mais ces aides ont-il aussi une passion pour la couture ou sont-ils simplement contents de faire ce projet avec toi ?

 Les municipalités qui nous prêtent les salles d’exposition, les chargés des cultes protestant et catholique qui nous prêtent les temples et les églises. Si nous ne sommes que trois bénévoles à travailler en amont, au moment de l’exposition, beaucoup se joignent à nous, ceux de l’association de mon village, certaines associations des autres villages, clubs de patchwork, comités des fêtes ou comité de jumelage, ils le font pour faire vivre notre région parce qu’ils trouvent l’idée belle et peut être aussi  parce qu’elle est quelque part vitale pour l’économie de la vallée.

 

Je citerai, quand même deux personnes, qui m’aident pour la beauté du geste, mon amie de toujours,  Isabelle, qui prévoit ses congés un an avant pour venir m’aider et qui n’a jamais touché une aiguille de sa vie. Et Muriel qui elle aussi, prend une semaine de vacances sur ses congés annuels pour venir, elles sont toutes deux le binôme de choc d’Aigu’illes en Luberon, qui assure pour tous les problèmes logistiques et humains de la manifestation. Si vous croisez deux filles hilares dans un 4×4 sur les routes de la création textile, se sont elles…

 

Je profite de cet article pour les remercier tous de leur confiance.

 

Qu’attends tu d’un événement comme celui-ci ?

 Cet évènement est pour moi, le moyen de faire vivre nos campagnes, d’éviter l’inexorable avancée vers des villages dortoirs et de faire exposer des artistes, des créateurs et des commerçants que nous ne verrions jamaiscar ils exposent Le plus souvent  dans les grands salons des capitales européennes, c’est le monde entier qui vient à nous. Je veux faire découvrir ma région à des passionnée des arts textiles, et les arts textiles aux habitants de la vallée et leur faire connaître des artistes qui exposent chez nous pour la première fois. Mes victoires sont quand un artiste, un créateur ou un commerçant est recruté pour une autre exposition, quand un visiteur me dit, je reviens en vacances cet été, quand un habitant enthousiaste s’exclame, je n’imaginais pas les travaux d’aiguilles comme ça.

 

Comment vois-tu l’évolution de ce métier ?

 Je ne sais pas vraiment, j’essaye à ce que notre manifestation malgré le « gigantisme » de la chose (nous fonctionnons sans subvention) reste dans l’esprit du patchwork, partage et convivialité, une organisation bénévole, je ne veux pas que nous ne devenions des professionnels de l’événementiel. Je voudrais aussi que cette passion, celle des arts du fil et des arts textiles, se propage, que de plus en plus de jeunes viennent à notre rencontre, je voudrais que les clichés « ouvrages de dames » s’estompent petit à petit, parce que ce cliché à la vie dure, et ce n’est pas le cas, beaucoup des exposants sont jeunes, sportifs et créatifs. Je voudrais que le cliché « Miss Marple » et son tricot sortent de la tête des gens.

 

Une ou deux  anecdotes rigolotes sur le monde de la couture, broderie, patchwork ?

 J’en ai une merveilleuse, manquant de salle communale en 2011 pour exposer le concours d’Aigu’illes en Luberon, je fais appel à une amie d’enfance qui a une cave vinicole, et donc une salle pour exposer. Elle dit oui immédiatement, et me dit « tu crois que ça fait venir du monde, ces « tapis de douches »? »  … la veille de l’expo, elle m’appelle et me dit « affiche un panneau dans chaque salle de chaque village pour dire que la salle du concours sera fermée entre midi et deux, je ne vais pas attendre que les visiteurs arrivent, les gens mangent à ces heures ci».  Je réponds oui, et ne le fais pas. Le lendemain, à 11h00, mon amie m’appelle et hurle au téléphone, retire tous les panneaux, je n’ai jamais vu autant de monde, ils arrivent par cars entiers, c’est pas possible autant de monde pour des tapis de douches ? Le surnom « tapis de douches » est resté.

 

Durant une des expositions, une dame voulait parler aux organisateurs, elle n’a jamais voulu croire que c’était moi .. depuis je me promène pendant quatre jours avec un badge « c’est moi le chef » ….. l’habit ne fait pas le moine 😉

 

 

Une dernière question : le recyclage et l’upcycling ça t’inspire quoi ?

 

Je suis de la génération récup et brocante, j’ai été élevée là dedans, mon père a toujours été un bricoleur fou, un peu original, nous apprenant à être différents dans nos choix,  me fabriquant des bracelets fourchettes ou des pieds de lampe embauchoir en bois de cordonnier ou avec un isolateur en verre de l’EDF, construisant un kart à essence ou un cerf volant dans du matériel de récupération, chinant les lattes des sommiers en bois pour refaire des chaises de jardin.  En un mot, il a fait de moi la reine des poubelles, j’adore ramasser ce que les gens jettent et leur donner une autre vie. J’aime les objets brisées, les tissus usés, ils ont tous une histoire à raconter. Et puis le patchwork, c’est quand même la récupération au sens tout premier du terme.

 J’ai pour devise cette citation de Thomas Edison « Pour créer, il faut avoir une grande imagination et une pile de vieilleries ».

 Pour la pile de vieilleries, j’ai … on ne peut plus entrer dans mon atelier. Et l’imagination, j’en ai à revendre.

 

Autre chose à ajouter ?

 Oui, venez nombreux le week end de l’ascension dans le Luberon, vous découvrirez un monde sans frontière, un monde de couleurs et de beauté dans une société tourmentée, un bulle de sérénité l’espace de 4 jours.

Le communiqué de presse des Aiguilles en Luberon 

 

 AFFICHE-AIGUILLES EN LUBERON

 

Quelques photos de tes œuvres ou des œuvres qui te plaisent

 

Je t’envoie des photos des oeuvres de Catherine Bihl et d’Olivia Uffer, je craque pour ce qu’elles font et elles seront toutes deux présentes lors de la manifestation, leur monde est si proche du mien, je suis une rêveuse impénitente. Les miennes seront pour une fois, pour l’instant c’est plus de 80 exposants que je dois faire connaître, je ne peux avoir deux casquettes à la fois, exposant et organisateur, ça je ne sais pas le faire.

 

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4 commentaires sur “Des aiguilles, de la broderie, de la couture, le Luberon ça vous fait une Nathalie Locquen”

  1. zouzou dit :

    merci pour ce bel article pour lequel je mettrais un lien sur mon blog
    car que dire de plus ? RIEN !!!
    bizou…zou

  2. jubama dit :

    merci Jean-Marc pour cette chouette interview, et merci à toi Nathalie… pour tout 🙂 !!!

  3. martine dit :

    tout est dit, que faire??? venir à Aiguilles en Luberon pour sentir, ressentir,se plonger dans cet univers si particulier et redonner à Nathalie toute l’énergie qu’elle dépense sans compter;

  4. Katell dit :

    Merci pour cette interview de Nathalie, elle qui sait si bien le faire pour les autres !
    Sans la connaître encore « pour de vrai », j’aime cette femme.
    Un jour, j’irai à Aiguilles en Luberon, c’est sûr !

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