Archive pour la catégorie ‘nos « belles personnes »’

Julien Gangand : La Vigne Sous La Plume ou l’amour du vin naturel

jeudi 3 novembre 2016

J’aime toujours autant écrire qu’avant mais avec ces projets le temps nous prend du temps.

Aujourd’hui je vais vous présenter un amoureux du vin, mais n’importe lequel, le VIN NATUREL. Késaco? tout est expliqué dans l’interview ci-dessous.

Julien Gangand, est un copain et je me suis toujours demandé ce qu’il faisait. Et puis de fil en aiguille, nous nous sommes rendus compte que nous avions des choses en commun du côté de la Gastronomie et du Vin (à consommer avec modération). il m’explique sa démarche et puis je lui dit allez Hop, tu auras droit à ton interview sur le blog de Marron Rouge . Il accepte et écrire sur le vin est un bonheur pour les « papilles occulaires ». Lisez, et régalez-vous


Bonjour Julien , Merci d’accepter cet interview.

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Pourrais-tu faire en premier lieu une brève présentation de ton parcours ?

 Un peu comme Calixte, je suis un néo-lyonnais, arrivé il y a 3 ans dans cette ville où j’ai fait, il y a déjà presque 2 décennies des études à l’Ecole des 3A.

Champenois d’origine, d’un petit village qui m’est cher, Sommepy, au parcours slalomé, banque, ONG, boite de conseil. Africaniste dans l’âme, j’ai un peu bossé au Nigéria.

Il y a trois ans, j’ai voulu quitter Paris (trop grand) mais je ne pouvais devenir campagnard alors l’idée d’un territoire presqu’ilien comme aire d’épanouissement me convenait à-priori

 

Et donc, tu débarques à Lyon…

 J’arrive et suis logé chez des amis dans le 7ème. Ils mangent, … mais ne boivent pas… l’accord est pris d’une indemnisation vineuse. Et la cave la plus proche… est le Vercoquin . Et me voilà plongé dans le grand vin. J’y rencontre de vraiment belles personnes et les vignerons défilent… et des goulots en fourchette je rencontre progressivement restaurateurs, cavistes et « bons faiseurs ».

En parallèle j’intègre l’équipe des bénévoles au salon Les Débouchées,  1er salon des vins naturels (nous en sommes maintenant à la 7ème édition). Et je donne un coup de main à un pote parisien  Antonin  qui lance avec Rue89 Lyon  l’édition locale de Sous Les Pavés La Vigne 

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Quelle était ta légitimité ?

 Aucune. Juste l’envie de rencontrer des gens, de comprendre ce milieu, ces interactions et la philosophie qui anime ces acteurs. La scène « nature » à Lyon pouvait sembler  intime, élitiste même si les premiers faisaient tout pour l’ouvrir au public le plus large. Lyon était encore il y a peu une ville culinairement bien en-cadrée. Elle bouillonnait, il fallait juste soulever un peu le couvercle…

 

C’est-à-dire…?

 Il y a suffisamment de place pour tous, des tables étoilées, nappées blanches, des bouchons (que j’adore) nappés à carreaux et maintenant toutes celles plus curieuses, innovantes et parfois déstabilisantes, qui cherchent à associer des produits que l’on n’aurait jamais osé marier,  brusquer les saveurs …

 Pour le vin c’est la même chose. La « solidarité régionale » fait que les tables lyonnaises sont souvent agrémentées de breuvages connus et rassurants. Le vin naturel nous dérange, nous intimide, nous débecte, nous passionne, nous électrise… mais nous parle. On entend parfois « Ca ne sent pas le vin ! ». N’est-ce pas l’inverse, ça sent « trop » le vin. Revenir au gout (tout comme pour les viandes et l’alimentation en général). L’idée est donc de se dire que pour qu’un vin ait une identité il faut que depuis le début on interagisse raisonnablement sur le process, qu’on accompagne la nature dans ce qu’elle peut nous offrir de mieux… son terroir…

 

Mais concrètement,  le vin naturel c’est quoi ?

 C’est un vin fait par un vigneron qui a l’humilité de croire que la nature est bien faite. Qu’un terroir, qu’une vigne bien dorlotée peut donner un magnifique raisin. Qu’un raisin qu’on n’a pas torturé peu donner un bon jus dont dé-coulera un vin sain. Respecter le terre par une agriculture biologique, biodynamique et la vinification par le moins d’intrants possibles.

 

Et ce mois du vin naturel ?

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L’idée est de fédérer sur un mois, des acteurs engagés « les faiseurs », récemment ou depuis plus longtemps dans la recherche de ce que nous définissons des produits de qualité. Des cavistes qui vont chiner dans les vignobles, des restaurateurs qui vont arpenter forêts et prairies pour comprendre et envisager comment magnifier un champignon, un gigot,…

 

Et depuis cette année, la culture y est intégrée, une exposition des photos d’Anne Bouillot,   une dédicace de la nouvelle Revue 12,5.  chez Passages  Et la première édition de OnlyWine, Festival des cultures viniques au Lavoir Public.

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Comment contacter Julien 

 La vigne sous la plume, la structure commerciale de Julien  vous  fournit un accompagnement à l’événementiel dans le domaine de la gastronomie et des breuvages viniques, avec une nette sensibilité pour les thématiques développées ci-dessus. La synesthésie* comme ligne directrice.

*Synesthésie (Définition du Larrouse) : Expérience subjective dans laquelle des perceptions relevant d’une modalité sensorielle sont régulièrement accompagnées de sensations relevant d’une autre modalité, en l’absence de stimulation de cette dernière (par exemple audition colorée).

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Julien Gangand – La Vigne sous la Plume – juliengangand@hotmail.com – 0621705444

 

 

 

 

 

 

Anne Ghesquière : portrait d’un parcours féminin bio mais pas que

vendredi 6 novembre 2015

Dans ma série de portraits sur les belles personnes, je voudrais vous présenter aujourd’hui Anne Ghesquiere. J’ai rencontré Anne à différentes reprises sur des événements tels que Planète Durable , mais aussi La Bio dans Les Etoiles. Et c’est chaque fois un vrai plaisir d’échanger avec Anne 

Entrepreneuse mais pas n’importe laquelle : engagée, consciente, responsable et surtout optimiste et positive. Un bel engaement auprès des femmes, mais pas que . Une conscience sur l’état de la planète aujourd’hui et un optimisme à toute épreuve. C’est vivifiant de rencontrer des humains qui vous donnent la pêche.

Une femme hors du commun dont je vous laisse découvrir l’interview qu’elle a bien voulu m’accorder.

 

Anne Ghesquière - Copyright photo Emmanuel Gomes de Araujo

Anne Ghesquière – Copyright photo Emmanuel Gomes de Araujo

 

 

 

Bonjour Anne , Merci d’accepter cet interview.

 

Pourrais-tu faire en premier lieu une brève présentation de ton parcours ?

J’ai été élevée sur île en pleine nature par des parents cathos ET naturistes ! Une enfance heureuse au bon air. Puis formation en école de commerce et Droit des Affaires. Business Women à la Défense comme Directrice Marketing au sein d’une start-up du groupe Vivendi, je deviens moi même entrepreneuse en co-fondant ma start-up d’achats groupés à 27 ans. Je la vend, et pars m’installer à Barcelone. De là, je parcours le monde pendant 2 ans et je reconnecte avec mes racines terrestre profondes, ma soif de sens, la quête du vivant. J’attends mon premier enfant, je veux lui donner le meilleur, le plus sain alors je cherche, je rencontre, je lis. J’écris mon premier livre sur les cosmétiques bio, un 2ème et je lance FemininBio.com en mai 2007. Aujourd’hui, je suis maman de trois petites filles, directrice de collection chez Eyrolles et auteure de livres sur le bien-être et le développement de l’être. Je suis aussi instructrice de Wutao, un art corporel d’éveil à soi.

 

Anne Ghesquieres - Copyright photo Emmanuel Gomes de Araujo

Anne Ghesquieres – Copyright photo Emmanuel Gomes de Araujo

 

FemininBio.com c’est au départ un magazine sur le net, qu’est-ce qui t’a motivée à lancer ce magazine ?

 

Pour faire court : en voyageant et en attendant mon premier enfant j’ai eu une double prise de conscience : 1/ l’état dégradé de la planète et de nos êtres malades (corps, âme, esprit) et 2/ un autre mode de vie existe, joyeux, conscient, solidaire. Une prise de 

conscience forte que j’ai envie de partager et de faire découvrir qu’une autre façon de vivre est possible.

 

FemininBio - Le féminin qui change la vie

 

 

J’ai eu la chance d’interviewer Stéphanie Jarroux et Audrey Etner qui ont fait partie de ton équipe,  qu’est-ce qui t’a encouragée à leur confier  des missions ?

 

Ce sont des femmes remarquables qui ont une sensibilité et une humanité qui me touche. J’ai une profonde affection pour elles, leur chemin, leurs parcours et leurs résonnances. Au delà de leur leurs compétences professionnelles, elles ont ce grain de folie d’être elles-mêmes, dans leur authenticité. Cela me touche. Je ne peux pas travailler avec des « techniciens ». Ces femmes que tu cites  sont dans le vivant, dans ce qui rend vivant.

Stéphanie Jarroux et Audrey Etner

Stéphanie Jarroux et Audrey Etner

 

FemininBio est aussi aujourd’hui un magazine papier, pourquoi ?

Nous sommes portés par le succès du site, de son audience et la demande de notre public d’avoir un support papier. Nous avons aussi gagné en confiance grâce à nos 9 ans d’expérience pour pouvoir partager un contenu conscient, de qualité et avec les meilleurs experts. Nous avons aussi une technologie révolutionnaire qui nous permet de faire un magazine papier très facilement, de manière presque « magique » 😉

Je suis une femme « de papier » car je suis aussi éditrice de livre (et auteure). Le papier, ça me fait kiffer ainsi que toute l’équipe ! Mon associé (Michaël Amand) connaît aussi très bien les médias, il vient de cet univers. C’est un pari fou, osé, inconscient mais j’aime à me remémorer cette phrase de Mark Twain « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » ou Goethe : « Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le ! L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie ! » 

FEMININ BIO PAPIER

Etait-ce au départ de l’aventure FemininBio quelque chose que tu désirais ?

Non, je n’aime pas préméditer les choses, je suis comme le saumon, j’essaye de suivre le Flow de ce que la vie m’offre, à l’instant. Je fonctionne à l’instinct, principalement.

 

Le numéro 2 sort en décembre, 2015 sans nous dévoiler le contenu de ce numéro 2, quelles seront les thématiques développées ?

 Je vais te les dévoiler en avant première, mais ne le répètes à personne ! Nous allons parler permaculture au féminin, du film DEMAIN, de mode éthique et consciente, de sans gluten (avec Audrey !) et il y aura de très belles surprises pour les chroniqueurs ! Tout ça dans une ambiance gourmande, chaleureuse et lumineuse de Noël 😉

 

Comment vas-tu faire vivre le magazine web et le magazine papier ensembles ?

Ce n’est pas le même rythme puisque sur le web nous sommes sur un quotidien avec une communauté très active (presque 220.000 fans FaceBook) alors que le magazine est un bimestriel (tous les deux mois), donc les sujets sont moins « chauds » et plus « slow ». Par contre en interne c’est plus « speed » que « lent » de gérer ces deux projets de front car nous restons une petite équipe ! Heureusement que nous sommes passionnés et portés par la mission.

 

Des nouveaux projets dont tu peux nous parler ?

Oui, je sors un nouveau livre mi-janvier sur l’alimentation… Un livre joyeux ! Stay tuned.

 

Nous sommes à l’aube de la COP21 conférence pour le climat qui va se tenir à Paris ? Qu’attends-tu de cette conférence ?

J’ai une façon assez personnelle de voir les choses à ce sujet. Je pense que, dans la vie, en général, nous attendons trop des autres : des politiques, des industriels, des institutions, du voisin etc. Et donc, nous trouvons souvent un coupable idéal, autre que nous-même. Je crois beaucoup à la force de la paix individuelle. Si chacun fait son chemin personnel et fait de son mieux, on peut très vite changer les choses. Donc, mon espérance est que la COP21 soit une formidable occasion de changer la conscience, les cœurs. A commencer par moi.

Ensuite, je trouve que la voix que porte Nicolas Hulot pour faire de cette COP21 un succès, est touchante. J’aime quand il dit quelque chose comme : « finalement pour changer les consciences des dirigeants, il faudrait presque les faire chanter ou méditer avant de commencer les négociations ! ». On voit bien, à nouveau, qu’on renvoie à la conscience individuelle qui ensuite porte son énergie dans le collectif. Si on se place dans cette posture alors l’humanité peut créer une « résonnance morphique » au sens de Rupert Sheldrake. Une sorte de pensée forme lumineuse peut alors s’exprimer positivement pour changer de paradigme et faire basculer l’humanité sur un autre plan de conscience, plus évolué, éveillé. Ainsi, à mon sens, de nombreuses situations peuvent être réglées.  En conclusion : prions, méditons, envoyons de la lumière pour que l’Homme expérimente l’Amour en son cœur 😉

A ce sujet, un coup de cœur pour ce projet COP21 que nous allons soutenir : http://singfortheclimate.com

 

Une dernière question : Le recyclage et le bio sont-ils compatibles ?

Hélas, l’un comme l’autre ont en commun d’utiliser du pétrole pour leur production ! Donc j’aime beaucoup le recyclage quand il n’est pas trop énergivore et le bio tant qu’il reste à échelle humaine. Finalement, c’est une question de modération, toujours. La fameuse voie du milieu ! En recyclage, je suis une grand fan par exemple de la marque américaine pionnière Patagonia mais aussi des produits de chez Marron Rouge 😉

 

Autre chose à ajouter ?

Oui, Merci beaucoup Jean-Marc pour cet espace !

 

Autres portraits coups de coeur :   Nina Astruc,  Isabelle Delannoy, Albert de Pétigny, Stéphanie Jarroux, Frédéric Bianchi, Nathalie Locquen, Alice Audoin, François Wattelier, Alexis Kryceve, Anne-Sophie Novel, Claude et Philippe CharbuilletFabien Nicolardot , Audrey Etner , Shabnam Anvar,  Catherine Dauriac, Morgan Martinez, Sébastien Ravut

 

 

Nina Astruc et Encore : des jouets écologiques et ludiques qui ont du sens

lundi 5 octobre 2015

C’est vraiment super agréable de prendre la plume pour des « belles personnes ». Ce que j’appelle les « belles personnes » ce sont des êtres Humains comme vous et moi, mais qui ont la particularité de s’impliquer non seulement pour la planète mais aussi pour les autres, avec les autres, et avec le sourire et la gentillesse tout simplement.

Nina Astruc est l’une de ces belle personnes que j’ai eu la chance de rencontrer le 6 décembre 2014 lors de la conférence  avec Vandana Shiva et Pierre Rabhi   que Lionel Astruc, son mari,  avait organisée. Elle était en pleine discussion avec Cyril Dion et m’a de suite adressé un sourire. Nous nous sommes revus par la suite pour l’édition 2015 de la Bio dans les Etoiles  . Nous sommes restés en contact par la suite et nous avons échangés sur mes filières de fabrication des doudous.

Nina a donc mis un superbe projet en place de créations de jouets écologiques. Des jouets intelligents, écologiques, qui ont du sens. 

Changement de vie pour mettre à bien ce projet, ça me parle… L’Ecologie avec un grand E racontée à vos enfants de manière ludique : de la conception, à la fabrication tout est séduisant dans ce beau projet et ce beau projet s’appelle ENCORE JOUETS

J’ai  demandé à Nina de m’accorder une interview , jeu auquel elle s’est prêtée et je vous laisse la découvrir et découvrir ENCORE.

 

Nina et Lionel Astruc

Nina et Lionel Astruc

 

 

Bonjour Nina, pourrais-tu nous faire une brève description de ton parcours ?

Bonjour, Jean Marc.

Après des études de lettres et de communication, j‘ai commencé à travailler en tant que journaliste et photographe.

Je réalisais des reportages en France et à l’étranger pour des magazines de tourisme, d’outdoor et de décoration intérieure.

C’est une période où nous avons beaucoup voyagé avec Lionel (mon mari et aujourd’hui cofondateur d’encore!) dans des coins reculés et sur des longues périodes. J’en garde des souvenirs fabuleux : Noël dans Les Maramures (un petit coin montagneux de la Roumanie), une interview de Mohammed Yunus au Bangladesh, les odeurs de jasmin dans le Kerala

Mais il était difficile de concilier ce job avec une vie de famille, il fallait que l’un de nous pose son sac. Et puis je voulais savourer au quotidien une vie avec mes enfants. C’est à cette époque que j’ai passé le concours de professeur des écoles. Je me suis orientée vers une autre passion : l’enseignement.

  

Comment passe-t-on de l’enseignement à la création de “encore!” ? Quel a été le ou les déclencheurs ?

Etre institutrice est un métier extraordinaire qui demande, pour être agréable, de l’investissement et une vraie passion qui dépasse le plaisir de la maternité. On est face à des enfants avec un rôle essentiel à jouer. Je cherchais au maximum à amener le jeu dans les apprentissages : apprendre en s’amusant en se faisant plaisir et en étant heureux. Malheureusement je ne pouvais pas enseigner comme je le souhaitais. Je passais à mon temps à faire des remplacements à changer sans cesse d’école ce qui ne permet pas ou très difficilement d’instaurer des pratiques intéressantes. Et à peine les avais-je installées que le jeu de chaises musicales reprenait ! Après sept belles années avec des classes successives, l’instabilité inhérente au fait de ne pas avoir de poste fixe (pas assez de points) est devenue difficile à supporter. J’étais malheureuse. Et progressivement l’idée est née : me reconvertir. Oui. Pourquoi pas? Une nouvelle fois ! C’est fabuleux de pouvoir vivre plusieurs vies et satisfaire chacune des facettes de sa personnalité. Mais il faut un grain de folie pour se lancer dans la réalisation d’un rêve et faire de cela son quotidien. Moi, j’ai réalisé un rêve d’enfant. Des années pour me l’avouer… je voulais jouer et faire des jouets.

 

 Les jouets que tu proposes sont plus un concept qu’un simple jouet . Qu’est-ce qui a motivé le côté « intelligent » et éducatif de ces jouets ?

Mon parcours professionnel je pense : je voulais des jouets que les enfants puissent investir, transformer. Des jouets qui soient aussi une source d’apprentissage. L’ éco-quartier est un jeu d’imitation. Ce sont des personnages – des lapins – qui vivent dans des maisons écologiques.

Ecoquartier

Ecoquartier

Les enfants en jouant imitent des comportements se les approprient, les intègrent… et surtout les détournent à leur manière ! En leur montrant des gestes de l’écologie au quotidien, j’espère contribuer à ce que les enfants les appliquent naturellement plus tard. Je pense que, selon le principe de l’école des Colibris (fondée par Isabelle Peloux et Pierre Rabhi) on peut se demander : “quels enfants laisserons-nous à la planète ? “. Et justement en tant que parents/adultes, notre responsabilité est immense.

 

Je suppose que tes enfants, ont été les « premiers cobayes » et cela a dû être une belle partie de rigolade de mettre ceci en place avec leur complicité ?

 

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Tu as raison Jean Marc ! En plus j’adore jouer avec eux. Mes enfants ont été et sont encore “mes premiers cobayes”. Gaspard (7 ans) et Romy (5 ans) ont une imagination débordante. Ils se sont appropriés l’écoquartier. Et, ce qui est extra c’est de voir ce  qu’ils en font. “Tu sais maman le bac à récupérateur d’eau de pluie c’est aussi la douche des lapins !” Et puis ils ont pleins de projets pour les lapins et pour moi et l’entreprise aussi !

 

 

Le design est soigné aussi bien pour les « lofts » que les lapins. Comment t’es-tu inspirée pour créer ?

J’aime l’univers autour de la décoration, j’aime chiner, transformer. Je bricole depuis toute petite, beaucoup de couture, du tricot. En imaginant, choisissant les tissus ou les couleurs, l’atmosphère je me suis fait plaisir. Et puis on s’est amusé avec Lionel. Le fauteuil jaune est une référence au mythique fauteuil d’Eames and Miller. D’ailleurs sur l’étiquette il est écrit : “On m’appelle Bunny and Miller. Je suis une légende du design.  Rêver, méditer, paresser c’est ma vie. Pour le reste… je me balance pas mal. 

Nos sources d’inspiration sont très variées et intègrent des jouets japonais que nous avons beaucoup aimé, des meubles scandinaves, des tenues branchées vues chez des marques de vêtements que nous aimons, ou encore des meubles éco-design.

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Ces familles Museau et Choublanc sont une première étape de ce concept que tu es train de créer ? D’autres idées dans les cartons en préparation ? de nouvelles thématiques ?

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J’ai mille idées… je rêve déjà d’un cargo bike pour l’écoquartier ! C’est un triporteur pour emmener les enfants ou même des colis sans émissions de CO2. Mais on avance pas à pas.

 

Pourquoi ce goût prononcé pour l’écologie ?

Parce que j’aime la vie. Et l’écologie pour moi c’est la vie. C’est le respect de la nature et des autres. Je vis proche de la nature, dans une région de montagne entre le Vercors et les Ecrins : le Trièves. Ici on vit pleinement chaque saison  entre ski de randonnée, potager, vélo et baignades dans les lacs.

 

Enfin une avant dernière question : le recyclage, l’économie circulaire, le ré-emploi ça t’évoque quoi et ton avis sur la question ?

Il faut à tout prix que chacune des matières premières que nous extrayons soit utilisée non pas de manière linéaire (de la production à la poubelle) mais de manière circulaire (en étant réutilisée à l’infini) notamment grâce à la récupération – où tu fais merveille ! C’est dans cet esprit que nous avons créé des jouets conçus à partir de matières renouvelables mais aussi recyclables et que les maisons en bois peuvent se transformer en meubles.

 

 

Autre choses à ajouter ?

Tu as joué un rôle décisif en acceptant de nous conseiller notamment sur les filières d’approvisionnement. Merci de tout cœur !

 

 

ENCORE JOUET LE SITE 

ENCORE JOUETS LA PAGE FACEBOOK

 

ENCORE-LAPIN-COUCHE#encorejouets 

 

Autres portraits coups de coeur :    Isabelle Delannoy, Albert de Pétigny, Stéphanie Jarroux, Frédéric Bianchi, Nathalie Locquen, Alice Audoin, François Wattelier, Alexis Kryceve, Anne-Sophie Novel, Claude et Philippe CharbuilletFabien Nicolardot , Audrey Etner , Shabnam Anvar,  Catherine Dauriac, Morgan Martinez, Sébastien Ravut

Isabelle Delannoy engagée pour la planète avec l’économie symbiotique

lundi 28 septembre 2015

 

 

 

Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris le temps d’écrire sur « les belles personnes » et aujourd’hui je reprends la plume pour vous présenter « une faiseuse ». Une faiseuse dans mon esprit n’a rien de péjoratif, bien au contraire.

Isabelle Delannoy

 

J’ai été en contact avec elle il y a quelques années, via mon agence de presse MY BEAUTIFUL RP,  car elle avait sélectionné pour sa rubrique dans l’émission de télévision Comment ça va bien, animée par Stéphane Bern, les accessoires de décoration en papier journal recyclé. Je l’ai rencontré ensuite lors d’une soirée, à Paris ou étaient réunis, les « acteurs de demain ».

Depuis je suis régulièrement ses interventions sur l’économie symbiotique et ses engagements pour la planète au sein des réseaux sociaux.

Isabelle est l’une de ces actrices qui agissent aujourd’hui,  pour changer le monde mais aussi pour tirer tout ce qu’il y a de bénéfique aujourd’hui dans les pratiques d’autres acteurs engagés  et pour ça je lui suis reconnaissant car c’est un engagement sans failles et dans la bonne humeur!

J’aime ces acteurs engagés, ces « faiseuses » qui vous donnent la pêche pour faire avancer notre monde dans la bonne direction.

Je la remercie aussi pour le paragraphe qu’elle consacre à Marron Rouge dans l’interview, qu’elle a bien voulu m’accorder : j’en suis fier et honoré.

 Isabelle :  continue à nous transmettre cette belle énergie

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En premier lieu pourrais-tu nous faire une brève description de ton parcours ?

Bonjour Jean Marc, et merci de cette interview. Je suis engagée dans les questions écologiques et du développement durable depuis près de 25 ans maintenant. C’est en m’intéressant adolescente, aux grands problèmes de mon époque que je me suis rendu compte que la question écologique était le grand enjeu qui émergeait et dont dépendaient de nombreux autres enjeux, sociaux, économiques politiques. Je me suis donc tournée vers des études d’ingénieur agronome. J’ai ensuite travaillé pour les agriculteurs biologiques en portant leurs positions au niveau français et européen dans les questions réglementaires. Puis j’ai fait une pause pendant trois ans où je suis devenue professeur de sciences de la vie et de la Terre en collège et lycée, une de mes expériences professionnelles dont je garde le meilleur souvenir. Je me suis ensuite consacrée pendant une dizaine d’année à communiquer sur les enjeux écologiques à travers l’édition, les blogs, la télévision le cinéma. J’ai eu la chance de rejoindre les équipes de Yann Arthus Bertrand

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et suis devenue la « madame Développement Durable » de l’équipe pendant 4 ans. J’ai continué mon travail avec lui ensuite en même temps que je poursuivais mon propre chemin. Le point d’orgue de cette époque a été l’écriture de son film Home en 2008. Ensuite, je me suis consacrée aux solutions qui émergeaient dans le monde. J’ai alors progressivement quitté les médias pour l’entrepreneuriat, l’ingénierie et la recherche et j’ai passé ces sept dernières années à analyser et travailler avec le monde qui émergeait. De cette analyse a émergé une théorie « intégrative » qui propose une synthèse de ces nouvelles logiques de production et d’organisation économiques, le modèle de l’économie symbiotique. Aujourd’hui j’accompagne les entreprises et les territoires à mettre en œuvre cette nouvelle économie et un mouvement d’acteur du changements est en train de se structurer autour de l’économie symbiotique : nous réunissons nos compétences pour diffuser cette nouvelle logique, former à cette nouvelle logique et la développer en accompagnant ensemble les acteurs qui s’y intéressent.

 

 

Je te connais à travers les réseaux sociaux, mais pas que : Co-scénariste, Animatrice de télévision, Auteur, Journaliste et Écrivain (et j’en oublie certainement)… Comment t’y retrouves-tu dans toutes ces passions, et comment arrives-tu à nous faire partager cette nécessité  qu’est l’écologie avec un grand E ?

Je le fais avec mes tripes et ma tête. Je ne comprends que ce que j’applique ou manipule. J’ai besoin de sensations pour comprendre intellectuellement les choses. Les images de Yann Arthus-Bertrand ont été pour moi par exemple de grandes plongées dans ce qu’est notre Terre aujourd’hui. Que ce soit pour la Terre vue du Ciel ou quand j’ai écrit Home, j’avais à disposition toutes les photos et les rushs qui n’étaient pas toujours sélectionnés. Comme ce sont des images toujours prises d’en haut, c’était une merveilleuse base documentaire qui me donnait à voir les structures de notre monde actuel.

LA TERRE VUE DU CIEL

Pour écrire dessus, je m’alimentais auprès d’un tas de sources : les grands rapports de l’Onu par exemple, les études scientifiques mais aussi les journaux locaux, les récits de voyage actuels ou anciens, les analyses historiques religieuses, les blogs personnels… Alors avec toutes ces sources, naît une compréhension globale des liens entre les causes et les évènements qui permet de conceptualiser et de vulgariser. Quand on ne conceptualise pas bien, on ne peut pas vulgariser, j’en suis convaincue. Ou ce qu’on produit, c’est de la soupe. Et pour conceptualiser, j’ai besoin de mon ressenti physique. C’est la même chose pour le quotidien. Avec mon mari, on s’est demandé ce que serait une vie où notre empreinte serait réduite à un, c’est-à-dire, un mode de vie qui n’irait pas au-delà des ressources disponibles, même en étant partagé par l’ensemble de l’humanité (aujourd’hui le mode de vie européen ne peut être supporté que pour une humanité réduite à deux milliards de personnes et le mode de vie américain par 1 à 1,5 milliards de personnes, c’est-à-dire 6 fois moins que la population mondiale). On voulait savoir si un mode de vie écologique était un retour à la bougie ou non. Et c’est là que j’ai découvert toute la richesse créative qu’apportait cette nouvelle gestion de nos besoins. Or la gestion de nos besoins, c’est l’économie. Cette recherche au quotidien couplée avec ma recherche professionnelle sur les nouvelles logiques économiques et productives porteuse de solutions a donné finalement la théorisation de cette nouvelle économie, que j’appelle l’économie symbiotique. Quand je la partage avec le public dans des conférences, j’essaie ainsi de partager autant le ressenti avec des images concrètes d’exemples de cette nouvelle économie que les concepts logiques qui la sous-tendent.

 

Tu as eu la chance de travailler avec Yann Arthus Bertrand sur un livre fait sur un tour du monde et qui a fait le tour du monde, La Terre Vue du Ciel. Je me souviens d’une exposition sur les grilles des Jardins du Luxembourg avec des photos très grand format, j’en garde un souvenir ému. Quel a été ton rôle dans l’élaboration de ce livre , et quels souvenirs en gardes tu ?

Je n’ai pas participé à l’élaboration du livre de la Terre vue du Ciel ni de l’expo. Je l’ai rejoint bien après. J’ai découvert l’expo comme toi et comme n’importe qui. J’ai eu un choc devant cette expo. Comme le dit Yann » Un choc de beauté ». L’alliance de l’image qui te perd dans son échelle, ses motifs, ses couleurs et d’un texte qui l’explique et amène des informations, souvent dérangeantes, a été un déclic pour moi. Je me suis dit « il a compris ». Cette alliance permettait de toucher tous les publics, et surtout ceux qu’on n’arrivait pas à informer en tant qu’écologiste. Quand trois ans plus tard, j’ai appris qu’il cherchait quelqu’un pour ses textes, j’ai foncé.

 

Tu avais aussi une rubrique dans l’émission de Stéphane Bern  Comment ça va bien. : Une anecdote rigolote sur cette série d’émissions ?

Je partageais mes pratiques de fille dans cette émission, j’essayais de témoigner et de transmettre ce qu’était un art de vivre écologique tel que moi je le vivais. C’était aussi un autre moyen de toucher et d’informer le grand public. C’était drôle d’amener Stéphane Bern à nettoyer des toilettes, des lavabos, des parois de douche avec du citron, un chiffon microfibre, ou du vinaigre blanc et des huiles essentielles. Il est très bon public à ce niveau. Cela l’amusait vraiment. Je me souviens aussi d’une émission avec Christian Louboutin qui, pendant ma chronique, nous a donné une de ses astuces : recycler les peaux mortes des pieds et les coupures d’ongle dans les jardinières pour nourrir la terre ! Je n’en revenais pas, je croyais même qu’il se moquait, mais pas du tout !!!

 

 

Tout récemment je te lis autours d’un sujet qui s’appelle l’économie symbiotique ! Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce nom « barbare » ? Symbiotique est un terme issu des sciences écologiques, qui s’applique quand deux organismes très différents se couplent et trouvent dans leurs différences leur complémentarité. La croissance de l’un entraine alors la croissance de l’autre. La nouvelle économie est une économie de type symbiotique : elle met non seulement en collaboration des acteurs économiques très différents mais aussi et surtout l’humanité avec le reste du vivant. Dans cette économie, le vivant fait croitre les activités humaines et l’humanité fait croitre le vivant.

 

L’économie symbiotique c’est quoi ?

C’est la réunion des nouvelles logiques économiques et productives qui ont émergé ces 40 à 50 dernières années et qui ensemble répondent à tous les enjeux, écologiques, économiques et sociaux : c’est la réunion de l’économie circulaire,

 

 

de l’économie du pair à pair, de l’économie reconnectée au vivant comme la permaculture, l’agro-écologie, l’ingénierie écologique et de l’économie sociale et solidaire.

Je montre que toutes ces économies qui paraissent si diverses fonctionnent en fait de la même façon : ce sont des économies qui reposent sur la collaboration, l’intelligence collective et l’intelligence du vivant. Quand elles sont réunies, les solutions que n’ont pas trouvées les unes se complètent avec les solutions qu’apportent les autres. Par exemple l’économie circulaire seule diminue nos impacts mais ne restaure pas les écosystèmes. L’économie du pair à pair seule, permet d’apporter du bien-être économique et social mais peut conduire à l’ubérisation de la société, c’est-à-dire la précarisation et une nouvelle loi de la jungle car la richesse n’est pas redistribuée. Or l’économie sociale et solidaire a des réponses à ce niveau. Mais l’économie sociale et solidaire seule, tend vite à reprendre une structure pyramidale et perd son essence. Ce que lui évite l’économie du pair à pair quand elle s’y associe.

Quand on dégage les structures de fonctionnement communes on s’aperçoit qu’ensemble, elles mettent en place une économie radicalement innovante : à la fois hyper productive et qui restaure les liens sociaux et les écosystèmes PARCE QU’elle produit. C’est une révolution. Car on pense que l’activité humaine a forcément un impact négatif et qu’il faut composer avec cet impact. Or ce que montre l’unité de ces nouvelles logiques, c’est que nous sommes capables au contraire d’allier notre intelligence à celle du vivant et d’avoir un effet restaurateur du vivant et du bien-être individuel et social. En fait, c’est une économie de la beauté. Nous ne sommes pas habitués à associer beauté et efficacité et pourtant c’est bien ce qui émerge de ces nouvelles logiques. Ce que tu fais avec Marron Rouge en est un parfait exemple :ton activité permet de transformer ce qui est normalement un rebut en de la beauté. De plus, ce faisant, tu crées de l’emploi. Si tu ajoutes à cela le fait que ta matière première peut provenir d’une agriculture conduite en permaculture ou d’une production naturellement écologique comme le lin, alors la production de ton objet aura elle-même contribué régénérer la biodiversité et à améliorer la qualité des paysages. C’est-à-dire que parce que toi Jean-Marc, tu crées ton entreprise autour de ces logiques, tu amènes davantage au monde et à la planète que tu ne prends. La société comme le vivant ressortent enrichis de ton passage. (J’en suis tout rouge de confusion)

 

Et pour moi, la vraie grande nouvelle c’est que tout est inventé, nous avons les solutions, c’est bon, il n’y a plus qu’à se réunir ! Nous sommes prêts !

 

Depuis combien de temps travailles tu sur le sujet ?

7 ans

Pourquoi cet intérêt pour l’économie symbiotique ? Parce que si on ne change pas d’économie on va dans le mur, climatique, écologique, social, économique, politique. On va vers l’effondrement de nos civilisations avec toutes les barbaries que cela enclenchera.

Qui fait de l’économie symbiotique en France, et à l’étranger ?

A la fois personne et des millions de personnes. Il est très rare de trouver des endroits où toutes ces logiques sont réunies et pour toutes les activités. Les lieux les plus proches de l’économie symbiotique sont aujourd’hui la permaculture dans l’agriculture (mais la permaculture est une théorie qui s’applique potentiellement à tous les champs économiques et sociétaux) et les villes en transition.

 

Ou peut-on trouver des infos et événements qui nous en disent un peu plus sur l’économie symbiotique ?

Sur la page FB de l’économie symbiotique où nous partageons les expériences que nous trouvons dans le monde qui sont dans la logique de l’économie symbiotique, le site economie-symbiotique.fr qui est aussi celui de mon agence mais que nous allons faire évoluer pour en faire le site de notre association.

 

LOGO-ECONOMIE-SYMBIOTIQUE

 

ECONOMIE-SYMBIOTIQUE-SITE

Y-a-t-il des écrits sur l’économie symbiotique , Peux-tu nous dresser une bibliographie ?

Pas encore,  mon livre sera publié en mai 2016 aux éditions Actes Sud. Et dans l’attente on peut trouver pas mal de mes conférences sur le net.

Autre chose à ajouter ?

Merci !

 

Autres portraits coups de coeur : Albert de Pétigny, Stéphanie Jarroux, Frédéric Bianchi, Nathalie Locquen, Alice Audoin, François Wattelier, Alexis Kryceve, Anne-Sophie Novel, Claude et Philippe CharbuilletFabien Nicolardot , Audrey Etner , Shabnam Anvar,  Catherine Dauriac, Morgan Martinez, Sébastien Ravut

Avec Alice Audouin mettez votre masque et soutenez la Conférence pour le Climat

jeudi 11 juin 2015

Si je devais vous présenter en deux mots notre invitée du jour, Alice Audouin je dirais tout simplement une « engagée survoltée ». Attention ces qualificatifs sont loin d’êtres péjoratifs. J’ai rencontré Alice à l’Université de Cergy Pontoise lors de l’Upcycling Day en mars 2014.

Au premier contact, dans les premières secondes vous comprenez de suite que cette femme est juste engagée, humaine. Elle m’a vraiment impressionnée : on sent qu’elle a en tête plusieurs préoccupations  (ce qui doit être le cas), mais au bout du compte elle a non seulement écouté vos propos mais aussi répondu à vos questions chaleureusement avec sourire et pleine d’empathie. En plus quand sait ce qui l’anime aujourd’hui on ne peut qu’être à ses côtés et soutenir ses actions.  Des gens engagés pour le climat sont de plus en plus nombreux , faisons en sorte de leur accorder toute notre attention. Notre santé et notre avenir vont en découler.

Je vous laisse découvrir Alice et partagez ce billet et Mettez votre masque !

 

ALICE AUDOUIN

 

 

Bonjour Alice en premier lieu peux-tu nous faire une brève description de ton parcours ?

Bonjour !

J’ai fondé l’association Art of Change 21 en 2014, après avoir travaillé dans le domaine du développement durable pendant plus de 15 ans. J’ai par exemple été présidente de COAL, la coalition pour l’art et le développement durable, responsable développement durable chez Havas Média, organisatrice et animatrice du colloque international à l’Unesco nommé « L’artiste comme partie prenante » et maître de conférences à l’Université. J’ai également publié trois ouvrages sur le développement durable.

Aujourd’hui, je me consacre à Art of Change 21 avec toute la passion et l’énergie dont je suis capable !

Art of Change qu’est-ce que c’est ? Et pourquoi as-tu créé Art of Change ?

Conçue pour la COP21, Art of Change 21 est la première initiative qui allie l’Entrepreneuriat Social, le Digital, l’Art et les Jeunes, à l’échelle internationale.

Art of Change 21 rassemble 21 accélérateurs du changement, artistes engagés, entrepreneurs sociaux et «post carbone» et jeunes leaders de la mobilisation contre le réchauffement climatique. Art of Change 21 les a sélectionnés dans plus de 12 pays et réunis à la Gaîté Lyrique fin novembre 2014 dans le « Conclave des 21 ». Ils y ont créé ensemble un programme d’actions : MASKBOOKBRIDGES,CAiRE et WORLD-COP. Ces 4 actions sont complémentaires, à la fois en ligne et « de terrain », permettant à chaque citoyen d’agir selon sa sensibilité environnementale, démontrant ainsi que la transition écologique passe par la culture et la co-création.

J’ai créé Art of Change 21 car je crois qu’il est aujourd’hui nécessaire de dépasser les habitudes militantes et de mobiliser le grand public par l’innovation et la créativité en proposant à chacun d’être acteur du changement.

Pourquoi un tel engagement sur l’écologie, le climat, le design, l’upcycling ?

J’aime d’une part la création et de l’autre le développement durable. Agir pour la COP21 qui a lieu en France est indispensable, c’est à nous de jouer ! 

La COP21, la 21ème Conférence Internationale sur le Climat va avoir lieu en décembre à Paris. Pour que chacun puisse se sentir impliqué et que cette COP ne soit pas à nouveau un échec comme ce fut le cas à Copenhague, il faut envoyer un signal fort ! Mais comment ? Par l’art, le créatif et la culture.

Art of change 21 sollicite les artistes et a pour vocation de complémenter et enrichir les approches scientifiques, économiques et politiques de la transition énergétique par des voies plus sensibles, esthétiques et créatives, indispensables à la prise de conscience et au changement. Le but est de partager la créativité des artistes avec le grand public et de favoriser une citoyenneté mondiale fondée conscience d’un « bien commun » : l’environnement.

Maskbook un nouveau « joujou » ou un engagement de plus ?

Les deux ! Un engagement en faisant joujou, génial non ? 
Le projet MASKBOOK vise à rassembler des milliers de selfies de personnes masquées, pour protester et alerter sur la menace du réchauffement climatique sur leur santé.

MASKBOOK donne aux « 5 à 95 ans » un moyen convivial de participer à la COP21. Nul besoin d’être « militant écolo » pour participer : il suffit de se sentir concerné par sa santé!

Chacun sera invité à envoyer sur le site Internet de MASKBOOK son selfie ( auto-portrait) « masqué » soit : 

– avec un masque anti-pollution classique, 

– avec un masque anti-pollution mais  « customisé » (texte, dessin…) comme chacun le voudra, 

– avec un masque de sa propre création en y exprimant sa créativité artistique et environnementale (peinture, objet recyclé, couture, impression 3D, dessins, upcycling, etc.) Cette création peut également être digitale. 

Chaque selfie masqué pourra être accompagné d’un message proposant une solution à la crise environnementale et d’une demande de résultat de la COP21.

Tout créateur de masque original pourra donner, via un tutoriel, sa recette de fabrication dans une « banque de masques DIY », pour que tout le monde puisse le découvrir et le faire à son tour pour participer. 

Artistes, stylistes, designers, créatifs, citoyens, célébrités, seront TOUS invités à envoyer leurs selfies masqués, des plus simples aux plus créatifs, sur MASKBOOK.

Le site internet sera à la fois une immense galerie de portraits, une banque de partage de tutoriels DIY de création de masques, mais aussi un lieu de pédagogie sur le lien santé-environnement-climat, en partenariat avec des instituts et associations spécialisées partenaires. Un blog animera la vie de notre communauté.

MASKBOOK

 

 

 

Comment peut-on aider, à part financièrement ?

Faites tout simplement un selfie de vous avec un masque et envoyez-le sur le site MASKBOOK. Portez un masque anti-pollution ou chirurgical classique, « customisé » ou créé par vous ! Photographiez-vous et envoyez-le nous!

Tous vos selfies masqués seront rassemblés sur un site Internet dédié (en Français, Anglais et Chinois) et relayés par des actions sur le terrain pendant la COP21 : projections d’une multitude de portraits masqués sur des bâtiments Parisiens emblématiques, ateliers photos de selfies masqués et flash mob masqués ! 

Participez également à nos ateliers de création de masques. En Juin, les premiers sont les 17 et 24, entre 17h et 20h, puis toutes les semaines en juillet et août, dans les locaux d’Art of Change 21, 113 rue du Cherche-Midi, Paris 6e.

Autre chose à ajouter ?

Aidez nous à réussir la campagne sur Kickstarter ! J Et envoyez vos masques ! J

 

 

Aidez nous à mener ce projet pour notre santé en donnant, à partir de 1 euro. Elle se termine le 27 juin ! On a trouvé 45 % de la somme, il manque donc…le reste !

https://www.kickstarter.com/projects/artofchange21/maskbook-by-art-of-change-21/description

 

Comment sera dépensé l’argent récolté dans cette campagne ?80% de la somme récoltée permettra de réaliser l’ensemble de nos actions avant et pendant la COP21. Les 20 % restant rembourseront les frais de la campagne Kickstarter (frais, récompenses et vidéo)

 

En Cas d’Absence, à Lyon, pendant vos vacances Lionel et Frédéric s’occupent de vos chats

mercredi 10 juin 2015

A-CADOR

 

 

 

 

 

 

 

J’avais déjà publié cet interview en 2013, mais je le republie aujourd’hui car toujours d’actualité et j’en profite pour vous ajouter quelques extraits de la nouvelle nouvelle campagne pleine d’humour et de poésie .

 

A-FLAMENCO A-TINCO A-VAN

 

 

 

 

Pour tous vos amis poilus ou plumés voilà une bonne solution….   Absentez-vous, on s’occupe de tout !    Voilà donc le slogan de En Cas d’Absence, le spécialiste lyonnais de gardes d’animaux à domicile.   Nous avons rencontré, Frédéric Bianchi, le responsable de la société EN CAS D’ABSENCE et nous lui avons posé quelques questions.  Marron Rouge : Depuis quand est créé ta société ?

Frédéric Bianchi : Depuis le 2 juillet 2004 pour être précis.

MR : Comment t’est née cette idée de gardes d’animaux à domicile ?

FB : Tout simplement parce je faisais ça gracieusement et régulièrement pour mes amis et c’est un besoin que j’avais cherché et je n’avais rien trouvé à l’époque. Je me sentais gêné, à force,  de demander à mes amis ce service.

MR : T’occupes-tu de tous les animaux ?

FB : Essentiellement chats, rongeurs, oiseaux. Tous les animaux à domicile. Au début nous nous occupions des chiens, mais trop contraignant et cela nous retardait systématiquement dans nos plannings et tournées. Mais notre mission ne s’arrête pas là : nous prenons soins des plantes, du courrier que l’on peut réexpédier à une adresse indiquée et/ou ouvrir sur simple demande.

MR : Tu as du travail toute l’année ?

FB :Oui, avec toutefois des pointes (voire des très grosses pointes) pendant les vacances scolaires, les week-ends prolongés, les jours fériés et pendant l’été qui est notre période la plus chargée. Notamment pendant l’été nous faisons appel à des extérieurs (les mêmes) depuis le début qui nous aident à assurer la vingtaine de visites journalières par personne….

MR : quel est le coût moyen d’une visite ?

FB : la visite revient en moyenne à 8 Euros (déduction faite de l’avoir fiscal). Il y a des formules d’abonnements annuels qui permettent aussi d’avoir des tarifs dégressifs.

MR : Comment se passe une visite ?

FB : Généralement nous sommes attendus par l’animal. Nettoyage, nourriture et eau sont fournis et un peu de câlins à ces bestioles sont plus qu’appréciés. Il nous est arrivé de faire l’accompagnement de fin de vie de certains animaux qui ne pouvaient pas voyager avec leurs maîtres. Nous avons dans la majorité des cas un vétérinaire de référence, en cas de problème. Sinon, nous avons notre propre réseau de vétérinaires en cas de souci mineur ou majeur avec un animal.

MR : Quelle est ta région de travail ?

FB : Lyon et ses environs. Lorsque nous ne pouvons pas nous occuper d’un nouvel animal, nous les renvoyons sur d’autres contacts sur la région et inversement

MR : Es-tu seul pour t’occuper de ta société

FB : Aujourd’hui avec Lionel, nous sommes deux à nous occuper de ces gardes.

LIONEL

MR : Comment conclurais-tu cet interview ?

FB : Je fais ce métier par choix et je ne le regrette pas. Ce sont de belles rencontres avec les animaux et leur maîtres. L’histoire la plus « rigolote » est la garde d’un mainate qui ne sait pas garder sa langue…   Voilà notre ami Frédéric, outre être un amoureux des animaux est un jeune homme qui n’est pas dénué de sens de l’humour et qui est toujours prêt à rendre service (merci pour les différents coups de mains au Village des Créateurs).

Le site de en Cas d’Absence

Le bio et l’humour sont compatibles avec Stéphanie Jarroux : on l’aime comme elle est !

jeudi 4 juin 2015

Aujourd’hui je vais vous présenter Stéphanie Jarroux qui incarne au départ le Bio féminin , mais maintenant l’humour.

Nous ne nous sommes jamais rencontrés, mais nous échangeons régulièrement sur les réseaux sociaux et le fait qu’elle ait décidé de changer de vie m’interpelle. En plus passer d’un métier « sérieux » à celui de « saltimbanque » me séduit. Une « nouvelle humoriste » qui ne manque pas de sens de l’humour. Je me souviens dans nos échanges virtuels, elle avait interpellé la communauté d’amis  sur un personnage dont on est inquiet si l’on a pas de nouvelles.

Oui, oui je mesure mes mots….

Ce personnage c’est T’choupi! Et je me suis souvenu d’une émission sur la chaîne cryptée et une rubrique qu’avait faite Chris Esquerre et j’ai donc partagé avec Stéphanie qui a eu l’air vraiment d’apprécier et de « se marrer ».

 

Et j’ai donc continué d’échanger, plus régulièrement, car à partir ou quelqu’un me fait rire ou apprécie les choses qui me font rire je me dis que c’est important d’échanger avec optimisme.

Stéphanie va venir à Lyon pour présenter son spectacle le 18 Juillet 2015, donc j’irais la voir et je vous invite à faire de même mais en attendant je vous livre un interview qu’elle a bien voulu m’accorder.

Je vous laisse lire et vous comprendrez

 

 

STEPHANIE-JARROUX

 

 

Stéphanie pourrais-tu nous faire une brève description de ton parcours ?

J’ai passé presque 15 ans dans la communication « classique » et digitale, en France et en Belgique. J’ai fait mes armes auprès de belles personnes, j’ai beaucoup aimé les différents postes que j’ai occupés, poussée par la curiosité et l’envie de travailler au sein d’un groupe.

 

Comment se retrouve-t-on de Rédactrice en chef dans un magazine FemininBio à humoriste ?

Le projet de faire de la scène date de plus de 10 ans. J’ecrivais dans ma tête, ne me sentant pas légitime de franchir le pas. Ah nos croyances, elles ont tendance à bien s’accrocher, parfois ! Je prenais beaucoup de plasir à exercer le métier de rédac chef, je me réjouissais des rencontres que je pouvais faire, cela comblait des envies endormies….mais c’est après les un an de notre troisième fille que tout m’est apparu évident. Je me sentais accomplie dans ma vie professionnelle et personelle (3 petites filles, je ne pense pas aller plus loin !), une petite voix s’est faite de plus en plus forte, elle me disait  de ne pas abandonner un rêve, aussi fou soit-il.

Je pense que c’était le « bon » moment pour moi, j’étais prête à bouger les lignes, à sortir de ma zone de confort pour découvrir ce qui me faisait vraiment vibrer ! Une sorte de maturité avec un grain de folie, c’est cela mon apporche de la « presque » quarantaine !

 

Qu’est-ce qui t’a poussé à « franchir le pas de la scène », à changer de vie ?

Quand j’ai su que je voulais changer, je n’ai pas tout de suite compris que c’était la scène qui me titillait ! Mais très rapidement et avec Caroline Carlicchi , coach, j’ai formulé mon voeu. Ce fut une délivrance, comme une belle révélation, je me souviens avoir ri à l’évocation de ce projet. Caroline a permis de rendre mon rêve possible en m’accompagnant dans le respect de mon choix.

Mon mari m’a d’emblée suivie, sans jugement, il m’a fait confiance dès le départ, il sait que je suis une bossseuse, que je suis endurante, il s’est donc attaché à regarder mes qualités. Il est extra ! Je ne suis pas la seule à être sortie de ma zone de confort, lui aussi et même si le changement de vie n’est pas une baguette magique, je trouve qu’il accepte la nouvelle situation avec beaucoup d’intelligence et d’ouverture ! C’est l’amour ?!
Mon entourage, d’une façon générale, n’a pas été surpris plus que cela à l’annonce de mon changement de vie, donc j’ai été (et suis) très soutenue. J’ai beaucoup de chance de recevoir autant d’amour (encore, mais je crois que c’est fondamental), j’en ai conscience et suis pleine de gratitude, cela me donne des ailes et des raisons de poursuivre !

Dans le milieu de la scène, je suis également très bien entourée : la rencontre avec René-Marc Guedj,

René-Marc Guedj, sur la scène de la Royale Factory.

RenéMarc Guedj Source Photo sur les nouvelles.fr 

 

mon metteur en scène, n’est pas le fruit du hasard, nos âmes ont été attirées par notre authenticité, malgré des parcours différents, nous nous comprenons et tout est fluide ! Les retrouvailles avec Cyrille de Lasteyrie, alias VinVin, ne sont pas banales non plus ! Dans une ancienne vie, il a été mon boss et aujourd’hui, il m’encourage (depuis le début) à me réaliser, je vais même monter sur scène avec lui pour son « one-man-conf » le 23 juin, au Grand Point Virgule, dans « Et il est où le bonheur (DTC) ? »
Ce sont de beaux exemples de loi d’attraction ! J’adore !

 

Quand tu étais bien dans ton métier de journaliste quels sont les « trucs » qui t’on fait rire, marrer, pouffer ?

Dans l’aventure depuis le début de FemininBio, j’en ai testé des trucs, j’en ai vu des choses et des gens ! Le bio n’était pas encore super démocratisé et seuls les écolos, les purs, ceux du Larzac, avaient le droit de nous donner des leçons ! Heureusement et avec le talent d’Anne Ghesquière, fondatrice du site, on a construit une image plus accessible du bio, on voulait donner envie, sans juger. Des crises de fou rire, on en a eu à la rédaction, quand on recevait des produits à tester, aux looks improbables ! Je me souviens qu’Anne nous proposait toujours une tasse de Yannoh, une boisson chaude, j’ai jamais pu en boire, maintenant, j’ose le dire : c’est pas bon !!!!

J’avais l’impression de tout découvrir, comme un enfant, tout était matière à comprendre, à interroger. J’ai beaucoup appris au sein de FemininBio. j’ai 3 filles et je n’ai allaité que la dernière…10 mois ! Je le dis avec beaucoup d’émotion, mais FemininBio m’a permis d’être en chemin. Je gadre cette posture du « en chemin », elle me va bien et me permet de me ré-interroger sans cesse, de venir questionner mon féminin, ma place dans le monde, les contributions que je peux apporter.

Des anecdotes à nous raconter à ce sujet d’ailleurs ?
Je pense à la première édition du salon Planète Durable, quand je tournais des petites vidéos ludiques autour de sujets très concrets comme les toilettes sèches, la piste de danse durable. Matyas Lebrun était derrière la caméra et moi je testais ! Autant dire qu’on a eu de belles crises de fou rire.
Idem avec la douche cosmique que j’ai découverte sur le salon Zen : les 2 pieds dans une bassine en cuivre et un type qui te tourne autour en te « versant » des vibrations « recueillies » en frappant un bol tibétain…Bon j’ai eu du mal à la prendre ma douche cosmique sans éclater de rire !

Aujourd’hui tu as un spectacle complet . En tant que « nouvelle humoriste », y-a-t-il des choses que tu as changé depuis la création ?

Si tu parles de la façon dont je vois la vie, oui certaines choses ont changé. Je crois que ce spectacle m’a permis de « descendre » en moi pour comprendre qui j’étais, quelle était ma mission de vie. Je commence à me comprendre et du coup à mieux comprendre les autres. En parallèle de la scène, j’ai commencé une formation en art thérapie. Pour moi, c’est fondamental, ma place est d’accompagner les personnes en souffrance physique et psychique ou en rupture du lien social. Le métier de la scène et celui d’accompagnateur sont très complémentaires dans l’approche des gens, dans les énergies demandées, j’aime beaucoup l’idée de passer de l’extravagance d’une salle de spectacle à la confidence d’une chambre d’un patient…

En revanche, je ne suis pas drôle tout le temps, quand faut faire les devoirs, faut faire les devoirs, mes filles n’y coupent pas 🙂
Faut que je travaille mon humour du quotidien pas que sur scène mais aussi à la maison !

Le public sur scène comme l’abordes-tu ? tu as le trac ou pas ?

J’aimerais rentrer sur scène comme lorsque j’étais petite et que nous faisons, mes frères et sœurs, des spectacles de fin de vacances pour la famille. Le cœur léger, une énorme envie de s’amuser. Mais mes débuts sur scène ne sont pas toujours très simples, j’ai beaucoup le trac et parfois peur. Je sais que plus on joue, mieux on arrive à « maîtriser » cette sensation.
Ce que je comprends au fur et à mesure que j’avance, c’est qu’il faut aimer les gens pour faire ce métier. Les aimer d’emblée pour les embarquer dans notre histoire. Je suis toujours très touchée par les spectatrices (ce sont plus souvent les femmes qui m’abordent), qui me confient avoir connu les mêmes situations que moi et du coup en rire ! Ça, c’est le kiff ! Je me dis que j’ai peut être « guéri » un truc chez elles. C’est du spectacle-thérapie brève !

 

Y-a-t-il des réactions différentes d’une ville ou d’une salle de spectacle à l’autre ?

 Je n’ai joué que sur Paris et Versailles, mais c’est certain que d’une salle à l’autre, l’énergie n’est pas la même, il faut rapidement s’adapter et oublier ce que tu as vécu auparavant. Tout est à refaire à chaque fois, car ce n’est ni la même salle, ni le même public, ni la même comédienne sur scène ! Le comédien ne joue pas de la même façon d’un soir à l’autre. Tout est à réinventer ! C’est ce qui donne un côté excitant et passionnant à ce métier.

 

Ton spectacle : tu nous en parles ?

 C’est un spectacle très personnel et intime, c’est souvent le cas des premiers spectacles ! Donc je me raconte avec beaucoup d’auto-dérision, de clownerie, mais aussi de poésie et d’authenticité. J’aborde des sujets qui me sont chers, bien entendu : mes filles, mes angoisses, mes fantasmes, mon ancien métier, mes galères capillaires, les bios, que j’ai pas mal fréquentés et que je fréquente toujours !
J’aimerais qu’une fois le spectacle terminé, les gens se disent après avoir ri un bon coup « tiens, elle a changé de vie, c’est possible, y a un truc qui me botte et comme elle, je vais le faire ». Proposer aux gens de trouver ce qui est juste pour eux-même.

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Les dates ou l’on peut voir Stéphanie Jarroux sur Scène
Mardi 23 juin 20h au Grand Point Virgule à Paris (Montparnasse) avec Cyrille de Lasteyrie dans « Et il est où le bonheur (DTC) ». Infos et réservations 

Mercredi 15 juillet 21h30 aux Feux de la Rampe à Paris (Grands Boulevards) dans son seule en scène « On t’aime comme tu es ». Réservations au 06 13 45 69 94

Et même à Lyon :

Samedi 18 juillet 18h au Bouiboui à Lyon dans son seule en scène « On t’aime comme tu es ». Réservations 

Vous recherchez des livres pour penser et échanger ? Connaissez-vous Pourpenser et son projet fou ? »

mardi 12 mai 2015

Aujourd’hui je vais vous parler d’édition et plus particulièrement d’Albert de Pétigny.

Avec Albert nous nous sommes croisés à plusieurs reprises sur le salon Primevère , à Lyon et nous nous « suivons » régulièrement via nos actualités sur les réseaux sociaux. Un des membres assidus des Eco-Informateurs. J’aime l’engament de cet homme, son optimisme permanent et puis le métier qu’il fait et comment il le fait. Ne pas oublier que l’accès à l’éducation scolaire est encore un privilège dans certains peu ou pas développés, du coups les « chères têtes » de notre pays ont cette chance et Albert contribue à cette « éducation ».

C’est non seulement un acteur aujourd’hui et il contribue largement à construire le monde demain. Il m’a accordé une interview et j’en suis fier. Lisez un peu son parcours et sa manière de vivre dans ce monde d’aujourd’hui.

Il nous présente aussi son #projetfou que vous pourrez découvrir en fin d’interview. Je vous invite vraiment à découvrir ce projet et pourquoi pas ne pas y participer.

Je vous laisse découvrir Albert de Pétigny

 

 

 

albert-2015

 

En premier lieu pourrais-tu nous faire une brève description de ton parcours?

Petit je rêvais d’être cuisinier ou garde forestier. J’aimais bien l’école mais je m’y ennuyais un peu. Du coup, lorsqu’un voisin m’a proposé de m’expliquer comment fonctionnait un micro-ordinateur, j’ai sauté sur l’occasion et délaissé mon bac.

Nous étions fin des années 80 et c’était les débuts de la PAO (Publication Assistée par Ordinateur). J’étais plus PC que Mac et donc m’amusais à coder mes textes à la main : chose qui m’a été utile par la suite puisqu’il y a une logique entre le langage SGML (utilisé pour la mise en page) et le HTML (utilisé pour la présentation du texte sur internet).

J’ai terminé les années 90 en pleine bulle internet, totalement déconnecté de mes souhaits d’enfance et bien conditionné par le modèle américain de la réussite à tout prix.

Entre 1999 et 2002 je me reconnecte à mon enfance : j’épouse Emmanuelle, nous avons un premier enfant, nous quittons Paris et je me forme professionnellement à la restauration.

Dans le même temps, ma sœur Aline qui écrivait depuis plusieurs années des histoires pour les enfants avait envie de s’auto-éditer, de ne plus dépendre du bon vouloir d’un éditeur pour partager ses textes.

J’ai alors fait un choix mêlant passion et raison : la restauration est un métier très compliqué à vivre au quotidien avec une famille. Avec l’édition, je pouvais mettre à profit les compétences acquises au cours de mes années folles sans pour autant les renier. Par ailleurs, le métier d’éditeur pouvait s’exercer à domicile, dans un cadre horaire très souple. En 2002 nous lancions « Les éditions pour penser à l’endroit » avec Aline.

 

Pour penser à l’endroit ? Je croyais que c’était Pourpenser. Et pourquoi l’édition de livre pour enfants?

Pour penser à l’endroit (qui s’écrivait avec “à l’endroit” écrit à l’envers) était compliqué à expliquer. Pour certaines personnes – qui n’ouvraient pas les livres – cela semblait indiquer que nous voulions imposer une façon de « bien » penser, alors que nous voulions justement indiquer par le logo qu’il était important de multiplier les points de vue, de retourner les choses. Bref… nous avons simplifié le nom et en souvenir, nous avons gardé le mot “éditions”  à l’envers dans le logo.

Aline écrivait pour les enfants depuis des années et de mon côté en 2002, je venais d’être papa pour la 2e fois. Il était donc naturel pour nous de nous adresser aux enfants et à leurs parents. Et puis, mine de rien, en parlant aux enfants, nous préparons l’avenir : ce sont eux les adultes de demain.

 

Quelle est la philosophie de votre maison d’édition ?

Avec Aline nous sommes partis d’un simple souhait : transmettre une vision positive et constructive de la vie, malgré les épreuves et les échecs.

Nous éditons des livres, des contes musicaux, des jeux, mais ils ne sont qu’un moyen de transmettre ce point de vue sur la vie. En d’autres circonstances, nous pourrions tout aussi bien réaliser des films, mettre en scène des spectacles ou tenir un restaurant !

Aujourd’hui parmi la centaine de projets édités et la quarantaine d’auteurs publiés nous avons des regards très différents et complémentaires, mais cette constante reste. Certains livres vont rassembler des petites phrases positives, d’autres vont raconter des histoires difficiles autour de la mort ou de la maladie, mais il en ressortira toujours une idée sur la magie et la beauté de la vie. Nous restons l’un et l’autre de grands amoureux des films de Frank Capra.

 

Vous vous présentez comme une maison d’édition engagée. Que signifie « l’engagement » de Pour Penser?

Notre engagement pourrait se traduire par « faire au mieux pour chacun » ou « essayer d’être le plus possible en cohérence entre ce que les auteurs proposent dans leurs histoire et notre manière d’apporter cela aux lecteurs ».

Concrètement, cela se traduit par un contrat d’auteur aussi équilibré que possible, des livres imprimés sur papier recyclés ou labellisés, des imprimeurs dans un rayon de 80 km autour nos lieux de stockage. Nous souhaitons également cultiver ce lien que nous créons avec nos lecteurs depuis plus de 12 ans : je suis toujours très ému lorsque je vois une jeune femme ou un jeune homme arriver sur notre stand en disant : « Oh, je lisais vos livres quand j’étais petit » et là, j’ai un grand plaisir à tendre un livre de la collection « Paroles de fée » pour lui montrer que même adulte, il peut continuer à nous lire !

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Le projet d’origine a été mené par Aline et toi-même? Peux-tu nous la présenter brièvement?

C’est ma grande sœur de 5 ans ½;-)

Depuis qu’elle est toute petite elle aime dessiner et raconter des histoires. Entre 7 et 14 ans, elle a beaucoup peint dans un atelier de peinture qui suivait la méthode d’Arno Stern, mais à côté de ça elle est comme moi : 100% auto-dédidacte.

Nous nous complétons plutôt bien : elle aime impulser, j’aime construire.

A nous deux, nous savons que nous pouvons être épuisants pour des personnes qui nous entourent : les idées jaillissent à grande vitesse et nous passons très rapidement à l’action.

A côté de ça, nous aimons l’un et l’autre privilégier du temps avec vos enfants et peu de choses peuvent nous forcer à annuler un moment en famille.

 

Comment sélectionnez aujourd’hui vos auteurs?

De la façon la plus empirique qui soit : au frisson ! Nous aimons ressentir une émotion à la lecture d’un texte. Nous croyons à cette magie de l’invisible, à tout ce qui passe entre les lignes, entre les mots.

Maintenant, soyons honnêtes : nous recevons 4 à 8 propositions par semaine. Plus de 300 sur l’année alors que nous avons une capacité d’édition de 4 à 8 projets par an. En débutant ce métier d’éditeur je n’avais pas conscience que j’aurai à dire « non » aussi souvent.

D’un autre côté, certains projets n’ont absolument pas besoin d’éditeur : un auteur qui sait ce qu’il souhaite transmettre, qui est en résonance avec son public et qui sait comment l’atteindre n’a aujourd’hui plus vraiment besoin d’éditeur.

 

Vos livres sont-ils traduits en d’autres langues ?

C’est en projet ! Traduire n’est pas le problème. Nous recherchons actuellement des personnes qui seraient intéressées de porter ces projets éditoriaux autour d’eux, dans le pays où elles résident.

 

Quels sont aujourd’hui vos « best-sellers »?

La collection« Paroles de fée » – écrite et illustrée par Aline – totalise pas loin de 50.000 exemplaires vendus sur les 7 tomes.

Côté albums, « Les mots du cœur » de Katia Belsito

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et « La tache rouge » de Pierre Hedrich et illustré par Galou en sont à leur 3e retirage.

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Voilà plus de 10 ans que vous existez, pourrais-tu nous raconter deux/trois anecdotes rigolotes pendant ce parcours?

Il y a cette maman qui un jour vient nous voir en nous présentant un livre en lambeaux et nous disant : « Je vous ai acheté ce Petit Lutin lorsque j’étais enceinte, mon enfant à 18 mois, c’est devenu son doudou, il m’en faudrait un autre »

Je me rappelle également cette petite fille qui arrive en courant vers notre stand en tenant son porte-monnaie précieusement contre elle : elle tenait à acheter elle-même ces livres « qu’elle aimait tant ».

Et puis, il y a toute ces rencontres sur les salons, ces personnes qui nous expliquent comment, au quotidien, ces livres leur sont utiles pour dialoguer avec les enfants.

Nous n’avons pas pris conscience immédiatement que les livres que nous éditions « parce que les textes nous touchaient » pouvaient devenir des outils entre les mains d’orthophonistes, de psychologues pour enfants ou d’enseignants.

 

 

Et puis aujourd’hui, il y a le « projet fou », qui est en train voir le jour. Pourrais-tu nous en dire un peu plus de ce projet fou et nous dire ce que tu en attends?

#leprojetfou, c’est une idée qui a germé d’un coup alors que nous cherchions comment faire connaître la maison plus largement tout en restant pleinement sur notre projet de départ : transmettre des idées positives et constructives.

Lorsque l’idée d’un livre à plusieurs voix à surgit il nous restait à trouver « qui ? » et quand nous avons à quelques amis auteurs, chacun a dit « oui ! » sauf deux auteurs qui étaient pris par ailleurs et n’avaient pas le temps.

Nous avons déposé le projet le 15 avril sur la plateforme de financement participatif Ulule et depuis nous avons déjà plus de 6000 exemplaires réservés !

L’idée est de proposer un livre qui serait comme un paquet de graines d’idées. Des graines à cultiver en nous, pour nous changer nous-même.

Nous avons tenu à proposer un livre très abordable tant par son prix que par son contenu : il est vendu à partir 1,20 € en souscription et sera en librairie à partir de fin juin au prix de 2,50 €. Quand à son contenu, nous allons peu à peu le dévoiler… mais nous souhaitons qu’il soit accessible dès dix ans.

Nous aimerions que ce livre devienne un prétexte à discussion entre les uns et les autres, que, par exemple, cet été, des personnes s’offrent le livre à l’occasion d’un apéro !

Aujourd’hui, ce projet commence à nous dépasser. Par exemple, nous l’avons prévu sur 24 pages, mais si nous pré-vendons 100.000 exemplaires, pourquoi ne pas imaginer quelques pages de plus afin de laisser la part plus belle aux illustrations ?

 

La campagne sur Ulule

Le site internet

La Page Facebook

 

 

 

Des aiguilles, de la broderie, de la couture, le Luberon ça vous fait une Nathalie Locquen

lundi 27 avril 2015

Voilà aujourd’hui un personnage que j’ai plaisir à vous présenter : Nathalie Locquen.

On s’est connus par l’intermédiaire de Facebook et elle est tombée un jour sur mes créations en chambre à air et a tout de suite adhéré. cela fait plus de quatre ans que je « fréquente » Nathalie Locquen. Elle est présente sur les réseaux sociaux pour nous nous parler de de ses « Petits Riens », mais pas que. Elle déniche les créateurs et créatrices dans le monde de la broderie, de la couture, du patchwork et de la création en général

Elle ne se prend pas au sérieux.

Elle aime délirer (je l’ai fait plus d’une fois avec elle)

Elle a ses « coups de gueule », à propos de l’actualité.

Et puis elle a mis en place un « festival » sur la couture, broderie, patchwork et autres créatifs et créations. Ce festival a d’extraordinaire qu’il rayonne pendant 4 jours dans le Luberon sur plusieurs villages, mettant en scène différents exposants des quatre coins de la France mais même au delà de notre continent Européen. Et tout ce festival, AIGUILLES EN LUBERON n’est fait que pour le plaisir de promouvoir ces arts.

 

 

Aigu’illes en Luberon 2015 from La Bastidane on Vimeo.

 Je serais présent pour la seconde fois sur ce Festival, pour le plaisir de partager avec tous ces artistes, d’être dans une belle région et profiter de l’humour et de l’énergie de Nathalie.

 

Mais je vous laisse la découvrir

 

 

Bonjour Nathalie, peux-tu nous faire une brève description de ton parcours ?

 

Bonjour Jean Marc

 

Totalement hétéroclite, une scolarité des plus normale, de l’hydro-biologie marine en passant par l’administration centrale, des petits boulots d’étudiante aux dorures des ministères, j’ai toujours été une grande curieuse, c’est de cette curiosité qu’est née ce que je suis aujourd’hui.

 NATHALIE LOCQUEN

Comment t’es venue ce goût pour la couture, la broderie, le patchwork ?

 

J’étais une petite fille casse cou, garçon manqué comme disaient les anciens à l’époque. J’ai été élevée avec quatre cousins, et je préférais grimper dans les arbres et construire des cabanes, plutôt que d’avoir des activités dites de jeunes filles. Ma grand mère durant la sieste des longues après midi d’été en Provence, où je ne dormais pas « m’obligeait » pour rester tranquille, à apprendre les travaux d’aiguilles (broderie, couture, tricot ….). Mais la vraie passion est venue de ma grand tante, la soeur de ma grand mère, adepte du patchwork dès le milieu des années 70, j’ai appris auprès d’elle, elle qui a contaminée toutes les femmes de ma famille, et nous courions toutes ensemble d’exposition en exposition. Elle nous a quittés  en 2010 à l’âge de 95 ans, elle me manque toujours.

 

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

 Tout, mes voyages, un carrelage, une fleur, quelques lignes lues dans un roman ou une vieille revue, les animaux, les musées, les pays où j’ai eu la chance de vivre, les souvenirs ramenés par mon marin de mari, chaque seconde que je vis peut être une source d’inspiration. Mon monde de création n’est jamais éloignée du monde de l’enfance, monde dans lequel je vis toujours avec mes filles, j’ai cette nostalgie des greniers oubliées où l’on retrouve vieilles dentelles et poupées anciennes, ce monde que mes aïeules m’ont laissé. Et puis j’adore raconter des histoires, inventer des contes de fées parce que j’ai vu une grenouille croiser un escargot dans mon jardin.

 

 

Quels sont les «créatifs » que tu admires dans ton métier ?

 Mes filles encore jeunes qui loin du carcan de l’âge adulte, créent à chaque instant.  Coco Chanel pour son perfectionnisme, son sens des affaires, son besoin de différence et surtout pour avoir dépoussiéré la mode, Line Vautrin pour ses bijoux improbables, Leonor Fini pour son monde onirique, Cécile Balladino, pour ses facultés à assembler les couleurs, facultés que je n’ai pas, Laurence Wichegrod, parce que j’ai découvert des années après, qu’elle était la styliste et la créatrice de tant d’ouvrages, sur lesquels j’avais rêvé toute mon adolescence dans la revue 100 idées. Et Steve Jobs, mais c’est une autre histoire.

 

Tu t’occupes d’un festival , auquel je vais participer pour la seconde fois AIG’UILLES EN LUBERON. Comment t’es venue cette idée de créer cet événement ?

 Ce n’est pas mon idée, c’est ma mère qui m’en entrainée dans cette jolie galère dans cette belle aventure, alors conseillère municipale de son village, chargée du tourisme, elle a eu l’idée en revenant de l’exposition du Carrefour Européen du Patchwork à Sainte Marie les Mines en 2003 de créer quelque chose de similaire dans la Vallée d’Aigues, au coeur du Luberon. Elle m’a dit tu fais …. depuis nous travaillons toutes les deux ensemble pour chaque exposition et nous avons embarqué mon époux avec nous, qui a en charge la partie informatique et logistique, nous vivons pendant plus d’une année à l’heure d’Aiguilles en Luberon. La première a vu le jour en 2009, après des années de préparation. En 2015 ce seront les 4ème rencontres, cette année 13 villages nous invitent sur la route de la création textile.

 

Une organisation comme celle-ci sur plusieurs communes, demande de l’aide. Je ne vais pas te demander de citer tous tes aides mais ces aides ont-il aussi une passion pour la couture ou sont-ils simplement contents de faire ce projet avec toi ?

 Les municipalités qui nous prêtent les salles d’exposition, les chargés des cultes protestant et catholique qui nous prêtent les temples et les églises. Si nous ne sommes que trois bénévoles à travailler en amont, au moment de l’exposition, beaucoup se joignent à nous, ceux de l’association de mon village, certaines associations des autres villages, clubs de patchwork, comités des fêtes ou comité de jumelage, ils le font pour faire vivre notre région parce qu’ils trouvent l’idée belle et peut être aussi  parce qu’elle est quelque part vitale pour l’économie de la vallée.

 

Je citerai, quand même deux personnes, qui m’aident pour la beauté du geste, mon amie de toujours,  Isabelle, qui prévoit ses congés un an avant pour venir m’aider et qui n’a jamais touché une aiguille de sa vie. Et Muriel qui elle aussi, prend une semaine de vacances sur ses congés annuels pour venir, elles sont toutes deux le binôme de choc d’Aigu’illes en Luberon, qui assure pour tous les problèmes logistiques et humains de la manifestation. Si vous croisez deux filles hilares dans un 4×4 sur les routes de la création textile, se sont elles…

 

Je profite de cet article pour les remercier tous de leur confiance.

 

Qu’attends tu d’un événement comme celui-ci ?

 Cet évènement est pour moi, le moyen de faire vivre nos campagnes, d’éviter l’inexorable avancée vers des villages dortoirs et de faire exposer des artistes, des créateurs et des commerçants que nous ne verrions jamaiscar ils exposent Le plus souvent  dans les grands salons des capitales européennes, c’est le monde entier qui vient à nous. Je veux faire découvrir ma région à des passionnée des arts textiles, et les arts textiles aux habitants de la vallée et leur faire connaître des artistes qui exposent chez nous pour la première fois. Mes victoires sont quand un artiste, un créateur ou un commerçant est recruté pour une autre exposition, quand un visiteur me dit, je reviens en vacances cet été, quand un habitant enthousiaste s’exclame, je n’imaginais pas les travaux d’aiguilles comme ça.

 

Comment vois-tu l’évolution de ce métier ?

 Je ne sais pas vraiment, j’essaye à ce que notre manifestation malgré le « gigantisme » de la chose (nous fonctionnons sans subvention) reste dans l’esprit du patchwork, partage et convivialité, une organisation bénévole, je ne veux pas que nous ne devenions des professionnels de l’événementiel. Je voudrais aussi que cette passion, celle des arts du fil et des arts textiles, se propage, que de plus en plus de jeunes viennent à notre rencontre, je voudrais que les clichés « ouvrages de dames » s’estompent petit à petit, parce que ce cliché à la vie dure, et ce n’est pas le cas, beaucoup des exposants sont jeunes, sportifs et créatifs. Je voudrais que le cliché « Miss Marple » et son tricot sortent de la tête des gens.

 

Une ou deux  anecdotes rigolotes sur le monde de la couture, broderie, patchwork ?

 J’en ai une merveilleuse, manquant de salle communale en 2011 pour exposer le concours d’Aigu’illes en Luberon, je fais appel à une amie d’enfance qui a une cave vinicole, et donc une salle pour exposer. Elle dit oui immédiatement, et me dit « tu crois que ça fait venir du monde, ces « tapis de douches »? »  … la veille de l’expo, elle m’appelle et me dit « affiche un panneau dans chaque salle de chaque village pour dire que la salle du concours sera fermée entre midi et deux, je ne vais pas attendre que les visiteurs arrivent, les gens mangent à ces heures ci».  Je réponds oui, et ne le fais pas. Le lendemain, à 11h00, mon amie m’appelle et hurle au téléphone, retire tous les panneaux, je n’ai jamais vu autant de monde, ils arrivent par cars entiers, c’est pas possible autant de monde pour des tapis de douches ? Le surnom « tapis de douches » est resté.

 

Durant une des expositions, une dame voulait parler aux organisateurs, elle n’a jamais voulu croire que c’était moi .. depuis je me promène pendant quatre jours avec un badge « c’est moi le chef » ….. l’habit ne fait pas le moine 😉

 

 

Une dernière question : le recyclage et l’upcycling ça t’inspire quoi ?

 

Je suis de la génération récup et brocante, j’ai été élevée là dedans, mon père a toujours été un bricoleur fou, un peu original, nous apprenant à être différents dans nos choix,  me fabriquant des bracelets fourchettes ou des pieds de lampe embauchoir en bois de cordonnier ou avec un isolateur en verre de l’EDF, construisant un kart à essence ou un cerf volant dans du matériel de récupération, chinant les lattes des sommiers en bois pour refaire des chaises de jardin.  En un mot, il a fait de moi la reine des poubelles, j’adore ramasser ce que les gens jettent et leur donner une autre vie. J’aime les objets brisées, les tissus usés, ils ont tous une histoire à raconter. Et puis le patchwork, c’est quand même la récupération au sens tout premier du terme.

 J’ai pour devise cette citation de Thomas Edison « Pour créer, il faut avoir une grande imagination et une pile de vieilleries ».

 Pour la pile de vieilleries, j’ai … on ne peut plus entrer dans mon atelier. Et l’imagination, j’en ai à revendre.

 

Autre chose à ajouter ?

 Oui, venez nombreux le week end de l’ascension dans le Luberon, vous découvrirez un monde sans frontière, un monde de couleurs et de beauté dans une société tourmentée, un bulle de sérénité l’espace de 4 jours.

Le communiqué de presse des Aiguilles en Luberon 

 

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Quelques photos de tes œuvres ou des œuvres qui te plaisent

 

Je t’envoie des photos des oeuvres de Catherine Bihl et d’Olivia Uffer, je craque pour ce qu’elles font et elles seront toutes deux présentes lors de la manifestation, leur monde est si proche du mien, je suis une rêveuse impénitente. Les miennes seront pour une fois, pour l’instant c’est plus de 80 exposants que je dois faire connaître, je ne peux avoir deux casquettes à la fois, exposant et organisateur, ça je ne sais pas le faire.

 

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François Wattellier et l’Atelier des Friches

jeudi 26 mars 2015

Parmi les « belles personnes » , il y a quelqu’un que je tenais particulièrement  à vous faire découvrir. On a mis du temps à caler cet interview mais on l’a fait et je vous le livre là ici ci-dessous. Vous allez découvrir un véritable ami des plantes  , qui vous donne envie de connaître cette belle nature qui nous entoure. Il est l’un des fondateurs de l’Atelier des Friches à Lyon. C’est plus qu’un projet, car cet Atelier existe et fonctionne en plein cœur de la ville. J’aime ces belles initiatives rassembleuses et qui vous aident à regarder et aimer la nature sans que ce soit un sacerdoce ni une punition.

François Wattellier nous explique avec passion ce qu’est l’Atelier des Friches. Je vous laisse le découvrir

 

François on te connaît en tant que paysagiste et en tant qu’acteur de l’Atelier des Friches, peux-tu nous faire un résumé de ton parcours ?

Oh là là, c’est beaucoup trop long

FRANCOIS WATTELIER

 

 

Un résumé j’ai dit

J’ai une formation de paysagiste précédée d’une formation en Histoire de l’Art. Il y a quelques années, j’ai rencontré Céline Dodelin, qui est plasticienne, et qui travaillait sur les plantes sauvages dans la ville.

Céline Dodelin

De mon côté j’avais créé (et je continue toujours) des Promenades Buissonnières qui sont des visites de la ville à la découverte des plantes sauvages. Nous nous sommes rencontrés parce qu’elle avait besoin de connaître des noms de plantes sur lesquelles elle intervenait. Nous avons travaillé ponctuellement ensemble et puis, en 2009, nous avons fini par créer l’Atelier des Friches pour pouvoir développer de vrais projets communs permettant de mettre en valeur la Nature dans la ville par le biais de projets artistiques.

Vous avez travaillé sous quelle forme au départ ?

Au départ c’était surtout sur des œuvres de Céline, où j’apportais un petit plus sur la connaissance des plantes, notamment sur les plantes sauvages qui sont un peu le cœur de mes préoccupations, mais aussi sur des plantes à semer ou à planter.

Et puis, en 2009, j’ai eu envie de changer d’horizon par rapport à mon boulot classique en bureau d’études. Je travaillais sur le  Grand paysage sur l’aménagement et la mise en valeur du patrimoine, sur des sentiers de découverte. Ce sont des projets très intéressants mais qui ont des échelles de temps très longues en termes d’études et de mise en œuvre. Certains projets prennent 2 voire 3 ans avant la réalisation…

Du coup à l’Atelier des Friches, je m’y retrouve assez bien car les projets sont mis en œuvre plus rapidement. Entre la conception et la réalisation, il se passe beaucoup moins temps et on arrive plus vite dans du concret.

Ce qui paraît étonnant c’est qu’il y a un paysagiste, une plasticienne, je me pose la question de savoir si c’est vraiment compatible

C’est justement l’amour des plantes qui nous a réunis tous les deux et l’envie de mettre en valeur cette présence de la Nature en ville, de  la montrer et maintenant, dans les projets, de l’enrichir et de la partager. Du coup nous avons croisé nos savoir-faire et Céline a été amenée à travailler aussi sur des sujets plus « jardinage » et moi sur des sujets plus artistiques, donc OUI c’est compatible. C’est vraiment un travail à 4 mains et deux cerveaux.

Parallèlement à l’Atelier vous avez vos propres activités ?

Moi j’ai toujours une activité à mi temps de paysagiste avec la même équipe du bureau d’études. Au départ pour Céline, L’Atelier des Friches constituait son activité principale, mais elle s’oriente aujourd’hui, en plus, vers des recherches plastiques plus personnelles, qui ont tout de même un rapport certain avec l’esprit de l’Atelier des Friches.

L’atelier a mené à bien un certain nombre de projets. Y-a-t-il certains projets qui t’ont marqué plus que d’autres ?

Oui, par exemple La Réserve, qui est le projet sur lequel on a commencé. L’idée de départ c’est de mettre en scène, dans trois espaces, trois aspects différents de la Nature, avec une Nature spontanée, sauvage, ce qu’on appelle la Réserve Naturelle , une Nature nourricière, la Réserve Gourmande , et enfin un aspect ludique et créatif lié à la Nature, avec la Réserve Artistique.

 

 

LA RESERVE

 

Où se trouve ou La Réserve ?

Elle se trouve à Lyon, dans le 7e arrondissement, près de la cité Jardin de Gerland. Plus précisément entre le rue Delessert et la rue Gouy juste en face des Bains Douches municipaux.

On peut y aller quand on veut sur la Réserve ?

Le lieu est complétement ouvert, ça fait partie du projet. Un des partis pris de ce projet c’est de créer un lieu de Nature, qui est aussi un jardin, car il y a un jardin potager, et qui reste un lieu complétement ouvert. On (se) pose ainsi la question de ce que peut être l’existence d’un jardin potager complètement ouvert en milieu urbain.

Qui a accès à ce jardin, tout le monde ?

De façon informelle, tout le monde, oui, mais il faut être adhérent à l’association pour venir jardiner toute l’année. Nous avons une animatrice jardinière qui encadre et accompagne les jardiniers qui sont tous bénévoles.

C’est quand même encadré ? Les gens ne peuvent pas venir et planter ce qu’ils veulent, quand ils veulent ?

En principe non (Rires), et c’est là que ce projet me plaît beaucoup parce qu’il est rempli d’inattendu. En général, les jardiniers viennent, et on travaille avec eux. Au départ c’était Céline et moi qui intervenions, maintenant c’est Zoé, une animatrice jardinière qui est venue rejoindre l’équipe l’an dernier. Elle conseille et accompagne les jardiniers.

Comme c’est un jardin ouvert, on ne va pas cultiver les mêmes choses que dans un jardin fermé ou dans un jardin familial. On sait qu’il y a des choses qui vont être chapardées, parfois juste abimées. Du coup ça nous oblige à avoir une réflexion sur les plantes qu’on va cultiver et qui ne vont pas forcément attirer les gens, qui ne seront pas abîmées si quelqu’un passe dedans, etc.…

Le jardinage sur La Réserve est en, en principe, accompagné par l’Atelier des Friches.  Par contre il y a des gens qui n’ont pas forcément envie d’entrer dans le groupe de jardiniers. Je pense notamment à une dame du quartier qui, chaque année, vient se servir ouvertement dans le jardin, et qui, en échange, sans qu’on lui ait rien demandé, plante des choses partout. La première année elle avait planté de la coriandre dans toutes les plates-bandes, et du coup c’était bien, car on en a récolté plus qu’on en avait semé. Je pense que pour elle c’est sa façon de participer, en échange elle se sert sans être complétement une « voleuse ».

L’approche est un peu différente des Incroyables Comestibles ?

Elle est différente dans le sens où nous ne sommes pas dans la démarche de cultiver pour que les gens se servent. Pas l’intégralité du jardin en tous cas. Une partie du jardin est quand même prévue pour que les gens se servent. Il y a par exemple une demi parcelle réservée à la culture de menthe et comme ça tout le monde peut venir se servir.

Les graines que vous plantez proviennent d’où ?

Elles viennent de plusieurs endroits. On a utilisé au départ les graines Kokopeli, et on utilise aussi les graines que peuvent apporter les jardiniers

Sans vérifier la provenance ?

Ces graines là, on les prend sans forcément les  vérifier. Il y a eu une fois une jardinière qui est arrivée avec un gros sac de graines de coriandre qu’elle avait acheté chez l’épicier du coin. Là, ce qui était important c’est le geste que font les gens pour amener leurs graines. Un des buts de cette partie-là de La Réserve, c’est que les gens réfléchissent et agissent dans l’échange de pratiques par rapport à la nourriture.

On achète maintenant les graines chez Magellan qui fait des graines bio  et certaines plantes sont achetées aux serres de Dardilly au centre de formation horticole. On échange aussi avec d’autres jardiniers et d’autres jardins collectifs

Quels sont projets à court et moyen terme de l’Atelier des Friches ?

A court terme il y a la continuation de La Réserve, qui était un projet prévu, au départ pour durer 3 ou 4  ans. On pensait ensuite passer la main aux jardiniers, mais à ces derniers n’ont pas du tout envie de créer leur association. Du coup on reste pour animer le jardin et on conserve l’ensemble de La réserve comme terrain d’expérimentation pour de nouvelles créations.

A court terme il y a aussi Insect[AU]logis, un projet dont le but est de questionner la place de l’autre dans la ville, en utilisant l’abeille sauvage comme « personnage » emblématique de cet autre (la Nature, l’animal, ou l’humain parfois) qui vit à nos côtés en ville sans que rien n’ait été pensé pour l’accueillir. Ce projet donne lieu à la création d’œuvres qui sont à la fois des sculptures et des nichoirs à abeilles solitaires.

Insect(au)logis

 

Insect(au)logis

Vous voulez dupliquer la Réserve sur d’autres endroits ?

Non, on ne pourrait pas puisque c’est un projet qui est né d’un contexte et d’un lieu particuliers. Ce que nous souhaitons, par contre, c’est reproduire cette démarche d’occuper des lieux en transition et d’y mettre la Nature en scène à travers un projet artistique et participatif. C’est une démarche que nous proposons aujourd’hui aux collectivités locales, aux bailleurs sociaux, ou à d’autres gens qui ont besoin de mobiliser un public autour de l’environnement ou de la réappropriation d’un espace commun, d’un jardin, etc.

Comment peut-on participer ou aider l4atelier des Friches

On peut devenir bénévole sur une de nos actions ou participer au jardin de la Réserve Gourmande, avec une adhésion de 5€ par an.

Et pour trouver plus d’informations sur l’association c’est par là : www.latelierdesfriches.fr

 Le portfolio de l’Atelier des Friches

Les Créa(c)tions

Les Actualités

 

Autres portraits coups de coeur : Alexis Kryceve, Anne-Sophie Novel,Claude et Philippe CharbuilletFabien Nicolardot , Audrey Etner , Shabnam Anvar,  Catherine Dauriac, Morgan Martinez, Sébastien Ravut