Avec Alexis Kryceve et Treez vous êtes sûr d’être bien planté

Aujourd’hui je vais vous présenter un véritable amoureux de la nature. C’est sûr qu’il ne vous plantera pas avec son amour des arbres et son désir d’en planter plein sur notre planète : Alexis Krycève le fondateur de Treez. 

Une belle idée d’Alexis, replanter des arbre et engager un processus de reforestation, un peu partout dans le monde. 

Nous étions au départ « amis » sur Facebook et puis un jour j’ai décidé de venir voir Alexis. Je me souviens c’était un vendredi, ou j’étais venu à Paris juste avant de partir en Inde. Lorsque je pars en Inde je suis toujours dans un climat de plénitude et de sérénité, dans une ville comme Paris ou j’ai vécu 25 ans de ma vie.

Donc nous avons passés une petite heure ensemble ou nous sommes racontés « en vrai » nos projets respectifs. Je suis sorti de notre rencontre rempli d’optimisme, j’avais rencontré une nouvelle « belle personne ». Au delà d’avoir un projet écologique qui est superbe, c’est un être humain et quoi de mieux aujourd’hui que de l’être

 

Il a m’a accordé un interview et voyez pourquoi je trouve ce mec bien :

 
alexis

Bonjour Alexis pourrais-tu nous faire une présentation de ton parcours ?

J’ai 36 ans, je suis marié et j’ai deux garçons de 5 et 2 ans. Pendant ma scolarité à HEC, j’ai été fortement marqué par un stage humanitaire au Népal en fin de première année, et par ma dernière année où j’ai découvert l’entrepreneuriat. Après l’école, j’ai rencontré Tristan Lecomte, un entrepreneur qui avait créé Alter Eco et dont la vision me parlait : Il considérait qu’il fallait cesser d’opposer utilité sociale et efficacité économique, pour réussir à réellement faire bouger la société. Je l’ai rejoint dans cette aventure et ai passé 6 ans, jusqu’en 2008, à la tête de cette jeune société un peu folle cherchant à développer le commerce équitable. J’y ai énormément appris. En 2009, après un intermède où je me suis beaucoup consacré à ma passion pour la musique (j’ai composé et écrit des chansons, ai fait quelques concerts…), j’ai participé avec Tristan et d’autres entrepreneurs sociaux à la création de Pur Projet, un collectif dédié au développement de projets de reforestation et d’agro-foresterie autour du monde. J’ai créé ma société de conseil, AK2C, pour accompagner les entreprises dans la transition vers de nouveaux modèles mieux adaptés au monde actuel et futur. 

Enfin, en 2014, j’ai créé la société « Gifts for Change » qui commercialise la marque Treez, des petits bracelets tendance qui contribuent à la reforestation. Le principe est simple, un bracelet vendu, c’est un arbre planté dans un projet de reforestation quelque part dans le monde, que le détenteur d’un bracelet Treez peut retrouver sur internet; Chaque couleur de bracelet correspond à un projet de reforestation, et les bracelets sont vendus soit en direct (sur notre site), soit via les réseaux des cadeaux d’affaires. 

 

Treez est installé aujourd’hui dans les mêmes locaux que Pur Projet ? Est-ce un hasard ?

Non ça n’est pas un hasard car je suis cofondateur de Pur Projet, et Treez est une sorte de « Spin Off » de Pur Projet. Partager les locaux des autres organisations qui constituent le collectif Pur Projet est un véritable atout. D’abord, parce que cela me permet d’avoir un accès direct et permanent à l’information sur les projets de reforestation que nous finançons via Treez, mais également parce que nous avons tous une ambition commune et des valeurs fortes. Il en résulte une émulation et des échanges humains riches, bénéfiques à tous. On regarde tous dans la même direction. 

 

Comment est née l’idée de Treez ? Qu’est-ce qui t’a motivé pour la reforestation de notre planète ?

Je suis « venu » à la reforestation, sous l’impulsion de Tristan, dans la continuité de ce que nous faisions chez Alter Eco. Nous commercialisions des produits issus des 4 coins du monde, achetés selon les principes du commerce équitable et avons souhaité trouver une solution pour réduire et compenser notre empreinte carbone. Plutôt que de financer des projets de compensation carbone situés dans les pays dits du Nord (projets d’énergies vertes, d’efficacité énergétique etc..), nous avons pensé qu’il y avait quelque chose à faire avec nos coopératives partenaires. Il y a 4,5 milliards d’agriculteurs dans le monde, qui pour la plupart ont 1 à 3 hectares de surface cultivée. Ils ont très peu de ressources et une source de revenus unique, via la vente de leur production. Les arbres, outre qu’ils offrent la propriété de séquestrer du carbone, génèrent un nombre de bénéfices sociaux et environnementaux incroyable. Plus je « pratique » les arbres, plus je les admire. Ce sont des régulateurs du cycle de l’eau, du climat, des fertilisants naturels, des remparts contre les aléas climatiques, contre les nuisibles, ils offrent le gite et le couvert à des auxiliaires de culture, etc… Combinés avec les cultures agricoles, les arbres sont des alliés exceptionnels et permettent d’augmenter significativement les revenus des producteurs. 

 

Les entreprises sont devenues les premiers financeurs de nos projets de reforestation. Mais pour moi, qui suis convaincu que le pouvoir est entre les mains et que nous pouvons tous être des acteurs du changement, il me manquait le contact direct avec les clients finaux. J’ai donc commencé à gamberger à la création d’une marque qui pourrait directement clamer « Aux Arbres, citoyens! », et leur proposerait d’agir simplement et concrètement tout en leur donnant de la joie, de la fierté. J’ai réfléchi un temps à des objets qui pourraient être pertinents pour incarner cette marque. Il fallait qu’ils puissent être à la fois des étendards, en même temps rester accessibles, ne pas être trop impactants sur l’environnement et pouvoir toucher le plus grand nombre ! 

L’idée m’est venue de lancer des bracelets, je ne sais plus exactement à quel moment, mais j’avais gardé dans un coin de ma tête l’exemple des bracelets en silicone qui aident à financer des causes, ainsi que des bracelets à mémoire de forme qui cartonnaient à l’époque dans les cours de récré. Poussé par mes collègues de Pur Projet, je souhaitais toutefois concevoir un bracelet le plus exigeant possible d’un point de vue socio-environnemental, et en faire une sorte de pied-de-nez aux bracelets en « pétrole » et « made in China » qui inondaient le marché telle une marée noire…

Le nom Treez est venu assez vite. Les bracelets des récré s’appelaient les « Bandz », j’ai emprunté le « z » final et l’ai accolé tout simplement au mot arbre en anglais. Comme une rencontre entre ce qu’il y a de plus noble, les arbres, et ce qu’il y a de plus « gadget », les bracelets à la mode qui ne servent à rien. 

Treez était née, une marque de bracelets « Futiles comme la mode et Utiles comme la reforestation ». Une marque qui ambitionne de marier des contraires et qui aime les arbres.

 arbre 1

Comment sont aujourd’hui choisis les sites de reforestation ? Les connais-tu tous ?

Je connais tous les projets mais ne les ai pas tous visités. Je sélectionne, parmi les projets développés par Pur Projet, ceux qui sont les plus solides et permettent de fournir une traçabilité complète sur les arbres plantés. C’est important notamment pour permettre aux clients de géo-localiser leurs arbres sur le site www.treez.fr et de connaître les essences plantées, les noms des producteurs etc. Egalement pour avoir toutes les garanties nécessaires pour les clients qui contribuent à ces projets. J’essaye également d’avoir des projets un peu partout, sous toutes les latitudes, car les arbres apportent des bénéfices multiples et complémentaires selon l’écosystème où ils vivent. 

Je connais bien le projet du Treez rose « Kuapa Kokoo », développé par les producteurs de cacao ghanéens à qui j’avais rendu visite en 2003 ou 2004, car ils étaient déjà les fournisseurs de cacao d’Alter Eco à l’époque. J’ai également visité récemment le projet « Dhamma Rakhsa » en Thaïlande (Treez jaune), développé par des petits producteurs de riz dans l’Est et dans le Nord. J’ai visité plusieurs projets en France, financés par les Treez bleus. Je n’ai en revanche toujours pas été au Pérou, où nous avons les projets les plus ambitieux et les plus avancés développés par Pur Projet, en Amazonie. J’ai hâte de les connaître tous ! 

 

 

Comment est née l’idée  du bracelet ? Comment s’est faite la rencontre avec Reine-mère, Stéphane Clivier ?

Comme je le disais, après avoir eu l’idée de « bracelets qui plantent des arbres », j’ai souhaité avoir une grande cohérence. Ca n’aurait eu aucun sens de lancer un produit au bilan environnemental désastreux et fait dans des conditions sociales difficiles à tracer, tout ça pour planter des arbres. Je suis également attaché à l’idée du « Leave no trace », le fait de ne pas laisser de trace, donc je voulais à la fois un objet léger, qui n’impacte presque pas l’environnement (et qui soit en tout cas clairement « net-positif »). L’objet est également une sorte d’allégorie dans cette histoire. Il existe mais il doit s’effacer au profit de l’arbre qu’il incarne, qui est sa raison d’être. C’est pour cela qu’il est écrit, sur les bracelets, « Ceci est un arbre ! ». 

 TREEZ BRACELETTREEZ BRACELET 2

J’ai donc recherché un partenaire qui serait en mesure de créer l’objet tout en comprenant mon ambition et nos valeurs. Après quelques recherches, je suis « tombé » sur Stéphane Clivier et sa maison Reine Mère. J’ai su tout de suite que je tenais la perle rare que je recherchais. Ses collections allient une vraie « patte » en matière de design, un goût pour les matières et notamment pour la noblesse du bois, avec une forte exigence sociale et environnementale. Il connaît et enseigne l’éco-conception et est habitué à travailler avec des ESAT, entreprises d’insertion employant du personnel handicapé. C’est lui qui m’a proposé l’innovation géniale consistant pour le client à « casser » lui meme le médaillon qu’il va porter au poignet, un geste symbolique qui s’apparente à la signature d’un contrat, au baptème d’un bateau et qui permet de marquer l’entrée des clients Treez dans notre communauté d’amoureux des arbres, utopistes-réalistes qui agissent autant qu’ils rêvent. 

 

 

De qui est composée l’équipe de Treez ?

Treez fédère une équipe interne et externe (partenaires) aux compétences complémentaires; Stéphanie gère une grosse partie des aspects opérationnels, du commercial à la gestion des productions et à la communication. Stéphane Clivier est directeur artistique. Jean-Luc Girard, un ancien directeur de production en ESAT, une sorte de Géo Trouvetou de la fabrication, a la lourde tâche de gérer la production et la qualité avec nos partenaires, principalement des ESAT. J’ai également des partenaires et freelances pour le site web, les relations presse, et bien sûr Pur Projet pour la gestion et le suivi des projets de reforestation que nous finançons. 

IMG_8755 Stéphanie 

Les projets de Treez ? 

En 2015, nous avons pour ambition d’accélerer le mouvement. Nous avons permis le financement de presque 20.000 arbres à date, mais ambitionnons d’en planter 1 million d’ici fin 2017. Nous avons tout développé avec nos petits bras jusqu’à maintenant, mais j’ai désormais besoin d’un peu de financements pour permettre d’accélérer notre développement. C’est pour y parvenir que j’ai lancé une campagne de financement participatif sur www.bluebees.fr/treez. Tout le monde peut prêter de 20€ à 1000€, et sera remboursé avec un taux de 2% par an. L’objectif est d’atteindre 50.000€ de prêt d’ici fin février. Passez le mot ! 😉

Parmi les autres projets, nous souhaitons lancer de nouveaux produits en 2015, mais je ne peux pas trop en dire à ce stade. 

 

Aujourd’hui je considère que la mission que t’es « imposée » contribue au monde de demain. Le monde de demain, comment le vois-tu ? l’imagines-tu, le rêves-tu ? Quels acteurs aimerais tu y voir ?

Je suis un incurable optimiste. Je sais que le monde de demain sera plus harmonieux, plus équilibré, plus pérenne et plus juste que celui d’aujourd’hui. C’est la seule voie possible. Non pas pour faire plaisir aux petits oiseaux, mais parce que l’Homme est doué d’une chose qui ne peut que le mener sur cette voie : l’instinct de survie. 

 

Je ne sais pas exactement de quoi le monde de demain sera fait et je ne suis pas sûr qu’on y parvienne sans passer par quelques crises politiques. J’espère qu’on limitera la casse. Ce que je sais en revanche, c’est qu’il y aura un temps où nos descendants nous regarderont comme des hommes préhistoriques : « Comment ont ils pu vivre selon un modèle qui menaçait leur propre survie ?? quels sous-développés les Hommes de cette époque étaient ils ! »

Et de fait, nous sommes aussi primitifs que les lapins de l’ile de Canna, en Ecosse, qui se reproduisent trop vite et menacent de faire disparaître toute cette ile de 11km2 … et de s’auto-détruire. C’est exactement ce que nous faisons ! 

 Faut-il être con, pardon, pour n’avoir rien trouvé de mieux qu’un modèle linéaire où il faut extraire des matières disponibles en quantités limitées, à l’aide d’énergie elle même issue de ressources limitées, pour fabriquer des biens aux durées de vie de plus en plus limitées, transportés à l’aide d’énergies limitées, et mis au rebut le plus vite possible alors que leurs composants sont encore exploitables, … Est ce tout ce que le génie de l’Homme a réussi à créer après tant d’années de « développement » et de transmission du savoir ? Ne sommes nous pas capables d’un peu plus d’ingéniosité ? 

 

En bref, je n’ai rien inventé, mais le monde demain sera circulaire, collaboratif, réciproque, respectueux des autres et du vivant dans son ensemble, plus harmonieux, plus équilibré, réconcilié… Il génèrera une valeur mieux répartie.

 Il verra des ennemis d’hier marcher main dans la main : Technologie et environnement / Profit et bien-être / Individu et collectif / Homme et Nature / Partage et Enrichissement etc…

 

Il n’y a pas d’autre voie : Soit l’Homme vivra en harmonie avec la Nature. Soit la Nature vivra en harmonie… sans l’Homme ! La Nature, elle, n’a pas besoin de l’Homme 😉

 

Une anecdote drôle que tu voudrais partager avec nous ?

 » Lorsque j’ai lancé Treez, j’ai trouvé le nom parfaitement adapté au projet. La rencontre des arbres (Trees) en anglais, et le « z » qui inscrit le mouvement dans la modernité, dans l’objectif final de reforestation, et en référence aux bracelets pour enfants à la mode qui s’appelaient à l’époque les « Bandz » et polluaient les cours de récré.
Je parle anglais, mais pas assez bien le Slang (argot) américain pour connaître l’autre sens de Treez… IL m’a donc complètement échappé qu’il s’agit d’un des noms utilisés par les connaisseurs pour désigner … le cannabis. A chaque fois que je fais des recherches sur le mot « Treez » pour voir qui parle de nous sur les réseaux sociaux, je me retrouve devant des dizaines de photos toutes plus belles les unes que les autres d’énormes sacs d’herbe, de joints, de fumeurs etc…
Faites le test vous serez pas déçus !
J’attends maintenant qu’un matin, la CIA vienne frapper à ma porte !
Et j’ai aussi hâte de développer Treez aux Etats-Unis, car je suis sûr que je n’échapperai pas à la question du nom à toutes les interviews que je donnerai. Dans le fond, c’est un accident mais ça me fait plutôt rigoler. Je ne changerai de nom pour rien au monde ! »

 

Autre chose à ajouter ?

Et aussi merci Jean-Marc ! Rencontrer des gens comme toi est un des incomparables bénéfices qu’il y a à choisir la douce vie d’entrepreneur …

 

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Autres portraits coups de coeur : Anne-Sophie Novel,Claude et Philippe CharbuilletFabien Nicolardot , Audrey Etner , Shabnam Anvar,  Catherine Dauriac, Morgan Martinez, Sébastien Ravut

2 commentaires sur “Avec Alexis Kryceve et Treez vous êtes sûr d’être bien planté”

  1. […] portraits coups de coeur : Alexis Kryceve, Anne-Sophie Novel,Claude et Philippe Charbuillet,  Fabien Nicolardot , Audrey Etner , Shabnam […]

  2. […] Stéphanie Jarroux, Frédéric Bianchi, Nathalie Locquen, Alice Audoin, François Wattelier, Alexis Kryceve, Anne-Sophie Novel, Claude et Philippe Charbuillet,  Fabien Nicolardot , Audrey Etner , Shabnam […]

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