Anne Sophie Novel : une voix d’espérance

En 2015, j’ai décidé de me remettre à écrire de manière plus régulière sur le blog de Marron Rouge. En ce début d’année, 2015 le terrorisme ayant occupé pas mal la scène en France il est plus que nécessaire et vital de présenter les « belles personnes » de notre société, et je vais vraiment m’y atteler. J’avais commencé en 2014 toute une séries de portraits et d’interviews et bien cela va continuer de plus belle en 2015.

 

Le premier portrait de cette année , je suis vraiment fier et content de vous présenter Anne-Sophie Novel, que je connais depuis les débuts de Marron Rouge. Je l’ai connu à travers un groupe de discussion  les Eco-Informateurs et puis au fur à mesure j’ai découvert Anne Sophie, et ses engagements qui me plaisent .

Elle est l’une  de ces rares personnes que « j’admire » :  les messages qu’elle diffuse à travers ses différentes « interventions » ,  sont limpides et transparents. Elle a regard juste sur l’actualité avec  humilité. Bien entendu je suis sensible au développement durable et à l’écologie ce qui me rend plus à l’écoute des ses écrits, mais l’humanité avec laquelle Anne Sophie « traite » ses sujets est  tellement présente que l’on ne peut être que séduit. Quand vous verrez son parcours vous comprendrez pourquoi elle « m’impressionne ».

J’ai eu la chance de rencontrer Anne Sophie lors d’une journée presse et j’en suis ravi. J’étais comme un petit garçon tout timide.

 Je vous laisse la découvrir sans plus attendre. Je la remercie  pour cet interview et du temps qu’elle a bien voulu nous consacrer.

 

Bonjour Anne Sophie pourrais-tu nous faire un résumé de ton parcours ?

Mon parcours professionnel est assez conventionnel côté études : bac s, prépa Lettres et Sciences Sociales, magistère d’économie et finances internationales, doctorat en économie du terrorisme… C’est en 2006 alors que j’étais en seconde année de thèse que j’ai commencé à écrire sur les blogs concernant les sujets qui m’étaient chers dans mon cursus académique mais qu’on voyait peu dans les médias. Ayant toujours eu une passion pour les médias mais refusant de faire du journalisme sans spécialité et carrière préalable, le blog était un bon espace d’échange et d’apprentissage pour moi… J’ai rencontré nombre de personnes formidables ainsi, puis ma connaissance du web écolo et la découverte d’un petit logiciel permettant de partager des favoris m’a conduit à créer Ecolo-Info en 2007, devenu association en 2008, avec tous les amis que je m’étais fait sur le web… Une belle aventure qui continue aujourd’hui, et qui m’a fait venir au social media management avec des premières demandes d’accompagnement et de formation en 2010, puis au journalisme bien plus tôt que prévu 🙂 Aujourd’hui je vis essentiellement de l’écriture, via les articles ou les livres, mais aussi avec des formations, des conférences et expertises. J’ai la chance pour l’instant de pouvoir me consacrer à ce qui me passionne, ça n’est pas donné à tout le monde.

 ANNE SOPHIE NOVEL - COPYRIGHT-FORMATBLOG

Anne-Sophie Novel – Photo de Julien Panie

 

Tu es une femme « touche-à-tout » mais toujours sur un fil conducteur qui va de l’écologie en passant par les alternatives durables, l’innovation sociale et l’économie collaborative . Comment est née cette passion pour cet engagement sans failles.

 Mon intérêt a été aiguisé lors de mes classes préparatoires, j’avais une passion pour la question des inégalités et la justice sociale, les théories de Rawls, etc. Le sujet n’est jamais tombé lors des concours blancs, mais il est tombé le jour des concours, la chance 🙂 Je n’ai pas eu mes concours pour autant, et je suis allée à la fac plutôt que de faire une troisième année de prépa. De quoi découvrir le monde de la finance internationale et du trading de matières premières, que j’ai détesté, puis le monde du commerce international. J’ai étudié de près les questions de préférences commerciales, les mécanismes de l’Organisation Mondiale du Commerce, j’ai écrit un mémoire sur la place des pays en développement à l’OMC, organisé une conférence internationale sur le sujet pour l’Institut Français des Relations Internationales… avant de me lancer dans une thèse sur l’économie du terrorisme car à 20 ans j’étais encore sidérée, en 2001, que l’homme en arrive encore à ce genre de conflits au XXIème siècle… Bref, entre 2005 et 2009 j’ai regardé les attentats terroristes touchant les Etats-Unis depuis 1960… et me suis rendue compte que de nombreuses violences étaient une fois encore liées à la question des ressources… en préambule de ma thèse, soutenue en juin 2009, j’annonce clairement que je dédierais la suite de ma carrière aux questions de développement durable.

 

 

Journaliste, Auteur (mais on y reviendra plus tard), Conférencière, Formatrice comme t’y retrouves-tu pour « exercer tous ces métiers » ? Y-a-t-il une des activités que tu préfères par-dessus-tout ?

 

 

Anne Sophie Novel à la conférence Ted de Nantes

 

Ces métiers se nourrissent les uns les autres. J’aime faire des recherches, investiguer, prendre le temps d’explorer ce qui m’intrigue, aller dans le fond des choses. Avec l’envie d’expliquer au plus grand nombre ce qui se passe, vulgariser, que cela ait une utilité sociale. Donner des formations et accompagner en social media management m’a longtemps permis d’acheter du temps pour effectuer des recherches et écrire les livres que je voulais écrire sur les sujets qui me parlaient et que je ne voyais pas traités autre part. De fait je suis une journaliste spécialisée, mais comme je n’aime pas avoir la sensation de tourner en rond j’aime renouveler la pensée et me dire que ce que j’ai appris peut servir de nouvelles thématiques de réflexions… Lors des conférences que je donne ou que j’anime je me régale aussi car les rencontres, le terrain et la controverse sont de formidables occasions d’échanges et d’apprentissage.

Bref… j’aime tout ce que je fais, je manque seulement parfois de temps pour prendre le temps, et c’est de là que naissent mes frustrations… mais en 2015 j’ai décidé de régler ça 🙂

 

 

Tu écris dans des journaux prestigieux : Le Monde, l’Express et plus récemment dans le 1 Hebdo. Sens-tu aujourd’hui un changement d’attitude auprès des rédactions de ces journaux, qui ne sont pas tous « engagés », plus qu’un intérêt pour le « développement durable » ?

 J’ai de la chance de travailler avec ces rédactions en effet, et j’apprends beaucoup de cela. J’ai compris avec le temps que la majorité des journalistes ne se posent qu’en témoins de la réalité, ils sont là pour raconter ce qu’ils observent, témoigner, analyser. Avec le défaut de certains médias que de faire de la surenchère, surtout à la TV, sur de l’actualité qui fait audience, mais sans forcément faire sens (Nabila vs climat par exemple). Mais comme beaucoup de professions les journalistes sont formatés, et il est difficile de leur demander d’avoir une grille de lecture « verte » du monde. C’est donc surtout une affaire de personnes qui, dans les rédactions, dont plus sensibles et alertes que d’autres sur ces questions. Il existe de nombreux journalistes sensibles et engagés dans ces sujets, et ils font tout pour parler de ces questions. Au Monde c’est ce que j’essaye de faire sur les alternatives de vie durable, à L’Express c’est avec Isabelle Hennebelle la rédactrice en chef du hors série Business et Sens que nous pouvons proposer ces contenus différents. Et au 1 c’est Eric Fottorino qui m’a demandé de rejoindre l’équipe en tant qu’économiste spécialiste de ces sujets. Je me régale à travailler avec ces trois rédactions qui avancent toutes à leur manière. Une chose est sûre: en 2015, tous les médias se préparent pour la couverture de la COP21, et c’est une bonne chose !

 

 

Ce qui m’intéresse aujourd’hui c’est Anne Sophie Novel L’AUTEUR : Tu as déjà écrit Le guide du Locavore, Vive la Co Révolution, La Vie Share Mode d’emploi. Tu as révisé l’édition 2012 du Chant de la Terre sur la vie de Pierre Rabhi. Et puis cette année avec 10 « grands témoins » tu as donné ton témoignage à Olivier Le Naire pour NOS VOIES d’ESPERANCE * qui fera aussi l’objet d’un billet séparé sur mon blog dans les mois qui suivent

Nos voies d'espérance

 

Comment s’est faite la rencontre avec Olivier Le Naire ? As-tu dit oui tout de suite lorsqu’on t’a fait la proposition de participer en tant que témoin à ce livre et pourquoi ?

 Nous nous sommes rencontrés lors d’une séance photo pour Canal Plus, pour la promotion du documentaire Global Partage. Je ne l’avais jamais rencontré mais nous étions en contact dans le cadre d’une conférence sur laquelle nous étions tous les deux attendus quelques semaines plus tard lors du festival Atmosphère, sur la question des Fab Lab. Nous avons commencé à sympathiser ainsi, il m’a parlait de son projet de livre que j’ai tout de suite trouvé génial, et c’est peu après qu’il m’a sollicitée comme témoin. J’ai été fort flattée et ravie d’y participer, forcément ! Il voulait que je témoigne pour cette frange de la jeunesse qui essaye d’agir autrement, et que j’explique pourquoi on peut refuser de bosser à Bercy pour choisir l’écologie, donc forcément je ne pouvais pas refuser. Puis Olivier a un don: simplifier le propos, rendre l’écologie intelligible pour le plus grand nombre. Cela lui demande beaucoup, il est très exigeant et tatillon, mais il n’y a pas de secret!! Puis cela m’a permis de revoir Pierre Rabhi, Nicolas Hulot, Cynthia Fleury, de rencontrer Frédéric Lenoir, Erik Orsenna, Malik, Dominique Meda et Pierre Henri Gouyon… que des personnalités formidables, très peu dans l’ego, très à l’écoute. Un vrai bonheur !

 

 

 

Nos voies d’Espérance : quel beau titre sur un livre optimiste tel que celui-ci : le titre du livre était-ce un travail collectif ou c’est Olivier Le Naire qui l’avait d’emblée ?

Nous l’avons décidé ensemble parmi plusieurs propositions, avec les maisons d’édition, le terme « espérance » nous a fait débattre un peu, nous avions peur qu’il soit perçu comme une référence religieuse.

 

 

A quel moment tu as découvert les 9 autres témoignages ?

Au fur et à mesure, le mien est l’un des derniers à avoir été rédigé, Olivier a travaillé dur pour rassembler cette matière, l’écrire, la réécrire…! Mais je n’ai vu l’agencement des témoignages et découverts trois d’entre eux qu’à la réception du livre seulement.

 

Enfin à part ton témoignage y-a-t-il dans le livre des écrits, des citations, des passages qui t’ont touchées plus que d’autres ?

J’ai trouvé celui de Cynthia Fleury très clair, j’ai adoré celui de Pierre Henri Gouyon, limpide et très pédagogue. Puis de manière générale je me sentais un peu à la maison avec tous les autres que je lis et suis depuis si longtemps :))

 

De Moins en Mieux le site d’Anne-Sophie Novel

* NOS VOIES d’ESPERANCE : Les dix intervenants ont abandonné aux Restos du Cœur la totalité de leurs droits d’auteur sur ce livre.

 

Autres portraits coups de coeur : Claude et Philippe CharbuilletFabien Nicolardot , Audrey Etner , Shabnam Anvar,  Catherine Dauriac, Morgan Martinez, Sébastien Ravut

3 commentaires sur “Anne Sophie Novel : une voix d’espérance”

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