Archive pour mai 2015

Vous recherchez des livres pour penser et échanger ? Connaissez-vous Pourpenser et son projet fou ? »

mardi 12 mai 2015

Aujourd’hui je vais vous parler d’édition et plus particulièrement d’Albert de Pétigny.

Avec Albert nous nous sommes croisés à plusieurs reprises sur le salon Primevère , à Lyon et nous nous « suivons » régulièrement via nos actualités sur les réseaux sociaux. Un des membres assidus des Eco-Informateurs. J’aime l’engament de cet homme, son optimisme permanent et puis le métier qu’il fait et comment il le fait. Ne pas oublier que l’accès à l’éducation scolaire est encore un privilège dans certains peu ou pas développés, du coups les « chères têtes » de notre pays ont cette chance et Albert contribue à cette « éducation ».

C’est non seulement un acteur aujourd’hui et il contribue largement à construire le monde demain. Il m’a accordé une interview et j’en suis fier. Lisez un peu son parcours et sa manière de vivre dans ce monde d’aujourd’hui.

Il nous présente aussi son #projetfou que vous pourrez découvrir en fin d’interview. Je vous invite vraiment à découvrir ce projet et pourquoi pas ne pas y participer.

Je vous laisse découvrir Albert de Pétigny

 

 

 

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En premier lieu pourrais-tu nous faire une brève description de ton parcours?

Petit je rêvais d’être cuisinier ou garde forestier. J’aimais bien l’école mais je m’y ennuyais un peu. Du coup, lorsqu’un voisin m’a proposé de m’expliquer comment fonctionnait un micro-ordinateur, j’ai sauté sur l’occasion et délaissé mon bac.

Nous étions fin des années 80 et c’était les débuts de la PAO (Publication Assistée par Ordinateur). J’étais plus PC que Mac et donc m’amusais à coder mes textes à la main : chose qui m’a été utile par la suite puisqu’il y a une logique entre le langage SGML (utilisé pour la mise en page) et le HTML (utilisé pour la présentation du texte sur internet).

J’ai terminé les années 90 en pleine bulle internet, totalement déconnecté de mes souhaits d’enfance et bien conditionné par le modèle américain de la réussite à tout prix.

Entre 1999 et 2002 je me reconnecte à mon enfance : j’épouse Emmanuelle, nous avons un premier enfant, nous quittons Paris et je me forme professionnellement à la restauration.

Dans le même temps, ma sœur Aline qui écrivait depuis plusieurs années des histoires pour les enfants avait envie de s’auto-éditer, de ne plus dépendre du bon vouloir d’un éditeur pour partager ses textes.

J’ai alors fait un choix mêlant passion et raison : la restauration est un métier très compliqué à vivre au quotidien avec une famille. Avec l’édition, je pouvais mettre à profit les compétences acquises au cours de mes années folles sans pour autant les renier. Par ailleurs, le métier d’éditeur pouvait s’exercer à domicile, dans un cadre horaire très souple. En 2002 nous lancions « Les éditions pour penser à l’endroit » avec Aline.

 

Pour penser à l’endroit ? Je croyais que c’était Pourpenser. Et pourquoi l’édition de livre pour enfants?

Pour penser à l’endroit (qui s’écrivait avec “à l’endroit” écrit à l’envers) était compliqué à expliquer. Pour certaines personnes – qui n’ouvraient pas les livres – cela semblait indiquer que nous voulions imposer une façon de « bien » penser, alors que nous voulions justement indiquer par le logo qu’il était important de multiplier les points de vue, de retourner les choses. Bref… nous avons simplifié le nom et en souvenir, nous avons gardé le mot “éditions”  à l’envers dans le logo.

Aline écrivait pour les enfants depuis des années et de mon côté en 2002, je venais d’être papa pour la 2e fois. Il était donc naturel pour nous de nous adresser aux enfants et à leurs parents. Et puis, mine de rien, en parlant aux enfants, nous préparons l’avenir : ce sont eux les adultes de demain.

 

Quelle est la philosophie de votre maison d’édition ?

Avec Aline nous sommes partis d’un simple souhait : transmettre une vision positive et constructive de la vie, malgré les épreuves et les échecs.

Nous éditons des livres, des contes musicaux, des jeux, mais ils ne sont qu’un moyen de transmettre ce point de vue sur la vie. En d’autres circonstances, nous pourrions tout aussi bien réaliser des films, mettre en scène des spectacles ou tenir un restaurant !

Aujourd’hui parmi la centaine de projets édités et la quarantaine d’auteurs publiés nous avons des regards très différents et complémentaires, mais cette constante reste. Certains livres vont rassembler des petites phrases positives, d’autres vont raconter des histoires difficiles autour de la mort ou de la maladie, mais il en ressortira toujours une idée sur la magie et la beauté de la vie. Nous restons l’un et l’autre de grands amoureux des films de Frank Capra.

 

Vous vous présentez comme une maison d’édition engagée. Que signifie « l’engagement » de Pour Penser?

Notre engagement pourrait se traduire par « faire au mieux pour chacun » ou « essayer d’être le plus possible en cohérence entre ce que les auteurs proposent dans leurs histoire et notre manière d’apporter cela aux lecteurs ».

Concrètement, cela se traduit par un contrat d’auteur aussi équilibré que possible, des livres imprimés sur papier recyclés ou labellisés, des imprimeurs dans un rayon de 80 km autour nos lieux de stockage. Nous souhaitons également cultiver ce lien que nous créons avec nos lecteurs depuis plus de 12 ans : je suis toujours très ému lorsque je vois une jeune femme ou un jeune homme arriver sur notre stand en disant : « Oh, je lisais vos livres quand j’étais petit » et là, j’ai un grand plaisir à tendre un livre de la collection « Paroles de fée » pour lui montrer que même adulte, il peut continuer à nous lire !

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Le projet d’origine a été mené par Aline et toi-même? Peux-tu nous la présenter brièvement?

C’est ma grande sœur de 5 ans ½;-)

Depuis qu’elle est toute petite elle aime dessiner et raconter des histoires. Entre 7 et 14 ans, elle a beaucoup peint dans un atelier de peinture qui suivait la méthode d’Arno Stern, mais à côté de ça elle est comme moi : 100% auto-dédidacte.

Nous nous complétons plutôt bien : elle aime impulser, j’aime construire.

A nous deux, nous savons que nous pouvons être épuisants pour des personnes qui nous entourent : les idées jaillissent à grande vitesse et nous passons très rapidement à l’action.

A côté de ça, nous aimons l’un et l’autre privilégier du temps avec vos enfants et peu de choses peuvent nous forcer à annuler un moment en famille.

 

Comment sélectionnez aujourd’hui vos auteurs?

De la façon la plus empirique qui soit : au frisson ! Nous aimons ressentir une émotion à la lecture d’un texte. Nous croyons à cette magie de l’invisible, à tout ce qui passe entre les lignes, entre les mots.

Maintenant, soyons honnêtes : nous recevons 4 à 8 propositions par semaine. Plus de 300 sur l’année alors que nous avons une capacité d’édition de 4 à 8 projets par an. En débutant ce métier d’éditeur je n’avais pas conscience que j’aurai à dire « non » aussi souvent.

D’un autre côté, certains projets n’ont absolument pas besoin d’éditeur : un auteur qui sait ce qu’il souhaite transmettre, qui est en résonance avec son public et qui sait comment l’atteindre n’a aujourd’hui plus vraiment besoin d’éditeur.

 

Vos livres sont-ils traduits en d’autres langues ?

C’est en projet ! Traduire n’est pas le problème. Nous recherchons actuellement des personnes qui seraient intéressées de porter ces projets éditoriaux autour d’eux, dans le pays où elles résident.

 

Quels sont aujourd’hui vos « best-sellers »?

La collection« Paroles de fée » – écrite et illustrée par Aline – totalise pas loin de 50.000 exemplaires vendus sur les 7 tomes.

Côté albums, « Les mots du cœur » de Katia Belsito

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et « La tache rouge » de Pierre Hedrich et illustré par Galou en sont à leur 3e retirage.

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Voilà plus de 10 ans que vous existez, pourrais-tu nous raconter deux/trois anecdotes rigolotes pendant ce parcours?

Il y a cette maman qui un jour vient nous voir en nous présentant un livre en lambeaux et nous disant : « Je vous ai acheté ce Petit Lutin lorsque j’étais enceinte, mon enfant à 18 mois, c’est devenu son doudou, il m’en faudrait un autre »

Je me rappelle également cette petite fille qui arrive en courant vers notre stand en tenant son porte-monnaie précieusement contre elle : elle tenait à acheter elle-même ces livres « qu’elle aimait tant ».

Et puis, il y a toute ces rencontres sur les salons, ces personnes qui nous expliquent comment, au quotidien, ces livres leur sont utiles pour dialoguer avec les enfants.

Nous n’avons pas pris conscience immédiatement que les livres que nous éditions « parce que les textes nous touchaient » pouvaient devenir des outils entre les mains d’orthophonistes, de psychologues pour enfants ou d’enseignants.

 

 

Et puis aujourd’hui, il y a le « projet fou », qui est en train voir le jour. Pourrais-tu nous en dire un peu plus de ce projet fou et nous dire ce que tu en attends?

#leprojetfou, c’est une idée qui a germé d’un coup alors que nous cherchions comment faire connaître la maison plus largement tout en restant pleinement sur notre projet de départ : transmettre des idées positives et constructives.

Lorsque l’idée d’un livre à plusieurs voix à surgit il nous restait à trouver « qui ? » et quand nous avons à quelques amis auteurs, chacun a dit « oui ! » sauf deux auteurs qui étaient pris par ailleurs et n’avaient pas le temps.

Nous avons déposé le projet le 15 avril sur la plateforme de financement participatif Ulule et depuis nous avons déjà plus de 6000 exemplaires réservés !

L’idée est de proposer un livre qui serait comme un paquet de graines d’idées. Des graines à cultiver en nous, pour nous changer nous-même.

Nous avons tenu à proposer un livre très abordable tant par son prix que par son contenu : il est vendu à partir 1,20 € en souscription et sera en librairie à partir de fin juin au prix de 2,50 €. Quand à son contenu, nous allons peu à peu le dévoiler… mais nous souhaitons qu’il soit accessible dès dix ans.

Nous aimerions que ce livre devienne un prétexte à discussion entre les uns et les autres, que, par exemple, cet été, des personnes s’offrent le livre à l’occasion d’un apéro !

Aujourd’hui, ce projet commence à nous dépasser. Par exemple, nous l’avons prévu sur 24 pages, mais si nous pré-vendons 100.000 exemplaires, pourquoi ne pas imaginer quelques pages de plus afin de laisser la part plus belle aux illustrations ?

 

La campagne sur Ulule

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