Archive pour janvier 2015

Avec Alexis Kryceve et Treez vous êtes sûr d’être bien planté

mardi 27 janvier 2015

Aujourd’hui je vais vous présenter un véritable amoureux de la nature. C’est sûr qu’il ne vous plantera pas avec son amour des arbres et son désir d’en planter plein sur notre planète : Alexis Krycève le fondateur de Treez. 

Une belle idée d’Alexis, replanter des arbre et engager un processus de reforestation, un peu partout dans le monde. 

Nous étions au départ « amis » sur Facebook et puis un jour j’ai décidé de venir voir Alexis. Je me souviens c’était un vendredi, ou j’étais venu à Paris juste avant de partir en Inde. Lorsque je pars en Inde je suis toujours dans un climat de plénitude et de sérénité, dans une ville comme Paris ou j’ai vécu 25 ans de ma vie.

Donc nous avons passés une petite heure ensemble ou nous sommes racontés « en vrai » nos projets respectifs. Je suis sorti de notre rencontre rempli d’optimisme, j’avais rencontré une nouvelle « belle personne ». Au delà d’avoir un projet écologique qui est superbe, c’est un être humain et quoi de mieux aujourd’hui que de l’être

 

Il a m’a accordé un interview et voyez pourquoi je trouve ce mec bien :

 
alexis

Bonjour Alexis pourrais-tu nous faire une présentation de ton parcours ?

J’ai 36 ans, je suis marié et j’ai deux garçons de 5 et 2 ans. Pendant ma scolarité à HEC, j’ai été fortement marqué par un stage humanitaire au Népal en fin de première année, et par ma dernière année où j’ai découvert l’entrepreneuriat. Après l’école, j’ai rencontré Tristan Lecomte, un entrepreneur qui avait créé Alter Eco et dont la vision me parlait : Il considérait qu’il fallait cesser d’opposer utilité sociale et efficacité économique, pour réussir à réellement faire bouger la société. Je l’ai rejoint dans cette aventure et ai passé 6 ans, jusqu’en 2008, à la tête de cette jeune société un peu folle cherchant à développer le commerce équitable. J’y ai énormément appris. En 2009, après un intermède où je me suis beaucoup consacré à ma passion pour la musique (j’ai composé et écrit des chansons, ai fait quelques concerts…), j’ai participé avec Tristan et d’autres entrepreneurs sociaux à la création de Pur Projet, un collectif dédié au développement de projets de reforestation et d’agro-foresterie autour du monde. J’ai créé ma société de conseil, AK2C, pour accompagner les entreprises dans la transition vers de nouveaux modèles mieux adaptés au monde actuel et futur. 

Enfin, en 2014, j’ai créé la société « Gifts for Change » qui commercialise la marque Treez, des petits bracelets tendance qui contribuent à la reforestation. Le principe est simple, un bracelet vendu, c’est un arbre planté dans un projet de reforestation quelque part dans le monde, que le détenteur d’un bracelet Treez peut retrouver sur internet; Chaque couleur de bracelet correspond à un projet de reforestation, et les bracelets sont vendus soit en direct (sur notre site), soit via les réseaux des cadeaux d’affaires. 

 

Treez est installé aujourd’hui dans les mêmes locaux que Pur Projet ? Est-ce un hasard ?

Non ça n’est pas un hasard car je suis cofondateur de Pur Projet, et Treez est une sorte de « Spin Off » de Pur Projet. Partager les locaux des autres organisations qui constituent le collectif Pur Projet est un véritable atout. D’abord, parce que cela me permet d’avoir un accès direct et permanent à l’information sur les projets de reforestation que nous finançons via Treez, mais également parce que nous avons tous une ambition commune et des valeurs fortes. Il en résulte une émulation et des échanges humains riches, bénéfiques à tous. On regarde tous dans la même direction. 

 

Comment est née l’idée de Treez ? Qu’est-ce qui t’a motivé pour la reforestation de notre planète ?

Je suis « venu » à la reforestation, sous l’impulsion de Tristan, dans la continuité de ce que nous faisions chez Alter Eco. Nous commercialisions des produits issus des 4 coins du monde, achetés selon les principes du commerce équitable et avons souhaité trouver une solution pour réduire et compenser notre empreinte carbone. Plutôt que de financer des projets de compensation carbone situés dans les pays dits du Nord (projets d’énergies vertes, d’efficacité énergétique etc..), nous avons pensé qu’il y avait quelque chose à faire avec nos coopératives partenaires. Il y a 4,5 milliards d’agriculteurs dans le monde, qui pour la plupart ont 1 à 3 hectares de surface cultivée. Ils ont très peu de ressources et une source de revenus unique, via la vente de leur production. Les arbres, outre qu’ils offrent la propriété de séquestrer du carbone, génèrent un nombre de bénéfices sociaux et environnementaux incroyable. Plus je « pratique » les arbres, plus je les admire. Ce sont des régulateurs du cycle de l’eau, du climat, des fertilisants naturels, des remparts contre les aléas climatiques, contre les nuisibles, ils offrent le gite et le couvert à des auxiliaires de culture, etc… Combinés avec les cultures agricoles, les arbres sont des alliés exceptionnels et permettent d’augmenter significativement les revenus des producteurs. 

 

Les entreprises sont devenues les premiers financeurs de nos projets de reforestation. Mais pour moi, qui suis convaincu que le pouvoir est entre les mains et que nous pouvons tous être des acteurs du changement, il me manquait le contact direct avec les clients finaux. J’ai donc commencé à gamberger à la création d’une marque qui pourrait directement clamer « Aux Arbres, citoyens! », et leur proposerait d’agir simplement et concrètement tout en leur donnant de la joie, de la fierté. J’ai réfléchi un temps à des objets qui pourraient être pertinents pour incarner cette marque. Il fallait qu’ils puissent être à la fois des étendards, en même temps rester accessibles, ne pas être trop impactants sur l’environnement et pouvoir toucher le plus grand nombre ! 

L’idée m’est venue de lancer des bracelets, je ne sais plus exactement à quel moment, mais j’avais gardé dans un coin de ma tête l’exemple des bracelets en silicone qui aident à financer des causes, ainsi que des bracelets à mémoire de forme qui cartonnaient à l’époque dans les cours de récré. Poussé par mes collègues de Pur Projet, je souhaitais toutefois concevoir un bracelet le plus exigeant possible d’un point de vue socio-environnemental, et en faire une sorte de pied-de-nez aux bracelets en « pétrole » et « made in China » qui inondaient le marché telle une marée noire…

Le nom Treez est venu assez vite. Les bracelets des récré s’appelaient les « Bandz », j’ai emprunté le « z » final et l’ai accolé tout simplement au mot arbre en anglais. Comme une rencontre entre ce qu’il y a de plus noble, les arbres, et ce qu’il y a de plus « gadget », les bracelets à la mode qui ne servent à rien. 

Treez était née, une marque de bracelets « Futiles comme la mode et Utiles comme la reforestation ». Une marque qui ambitionne de marier des contraires et qui aime les arbres.

 arbre 1

Comment sont aujourd’hui choisis les sites de reforestation ? Les connais-tu tous ?

Je connais tous les projets mais ne les ai pas tous visités. Je sélectionne, parmi les projets développés par Pur Projet, ceux qui sont les plus solides et permettent de fournir une traçabilité complète sur les arbres plantés. C’est important notamment pour permettre aux clients de géo-localiser leurs arbres sur le site www.treez.fr et de connaître les essences plantées, les noms des producteurs etc. Egalement pour avoir toutes les garanties nécessaires pour les clients qui contribuent à ces projets. J’essaye également d’avoir des projets un peu partout, sous toutes les latitudes, car les arbres apportent des bénéfices multiples et complémentaires selon l’écosystème où ils vivent. 

Je connais bien le projet du Treez rose « Kuapa Kokoo », développé par les producteurs de cacao ghanéens à qui j’avais rendu visite en 2003 ou 2004, car ils étaient déjà les fournisseurs de cacao d’Alter Eco à l’époque. J’ai également visité récemment le projet « Dhamma Rakhsa » en Thaïlande (Treez jaune), développé par des petits producteurs de riz dans l’Est et dans le Nord. J’ai visité plusieurs projets en France, financés par les Treez bleus. Je n’ai en revanche toujours pas été au Pérou, où nous avons les projets les plus ambitieux et les plus avancés développés par Pur Projet, en Amazonie. J’ai hâte de les connaître tous ! 

 

 

Comment est née l’idée  du bracelet ? Comment s’est faite la rencontre avec Reine-mère, Stéphane Clivier ?

Comme je le disais, après avoir eu l’idée de « bracelets qui plantent des arbres », j’ai souhaité avoir une grande cohérence. Ca n’aurait eu aucun sens de lancer un produit au bilan environnemental désastreux et fait dans des conditions sociales difficiles à tracer, tout ça pour planter des arbres. Je suis également attaché à l’idée du « Leave no trace », le fait de ne pas laisser de trace, donc je voulais à la fois un objet léger, qui n’impacte presque pas l’environnement (et qui soit en tout cas clairement « net-positif »). L’objet est également une sorte d’allégorie dans cette histoire. Il existe mais il doit s’effacer au profit de l’arbre qu’il incarne, qui est sa raison d’être. C’est pour cela qu’il est écrit, sur les bracelets, « Ceci est un arbre ! ». 

 TREEZ BRACELETTREEZ BRACELET 2

J’ai donc recherché un partenaire qui serait en mesure de créer l’objet tout en comprenant mon ambition et nos valeurs. Après quelques recherches, je suis « tombé » sur Stéphane Clivier et sa maison Reine Mère. J’ai su tout de suite que je tenais la perle rare que je recherchais. Ses collections allient une vraie « patte » en matière de design, un goût pour les matières et notamment pour la noblesse du bois, avec une forte exigence sociale et environnementale. Il connaît et enseigne l’éco-conception et est habitué à travailler avec des ESAT, entreprises d’insertion employant du personnel handicapé. C’est lui qui m’a proposé l’innovation géniale consistant pour le client à « casser » lui meme le médaillon qu’il va porter au poignet, un geste symbolique qui s’apparente à la signature d’un contrat, au baptème d’un bateau et qui permet de marquer l’entrée des clients Treez dans notre communauté d’amoureux des arbres, utopistes-réalistes qui agissent autant qu’ils rêvent. 

 

 

De qui est composée l’équipe de Treez ?

Treez fédère une équipe interne et externe (partenaires) aux compétences complémentaires; Stéphanie gère une grosse partie des aspects opérationnels, du commercial à la gestion des productions et à la communication. Stéphane Clivier est directeur artistique. Jean-Luc Girard, un ancien directeur de production en ESAT, une sorte de Géo Trouvetou de la fabrication, a la lourde tâche de gérer la production et la qualité avec nos partenaires, principalement des ESAT. J’ai également des partenaires et freelances pour le site web, les relations presse, et bien sûr Pur Projet pour la gestion et le suivi des projets de reforestation que nous finançons. 

IMG_8755 Stéphanie 

Les projets de Treez ? 

En 2015, nous avons pour ambition d’accélerer le mouvement. Nous avons permis le financement de presque 20.000 arbres à date, mais ambitionnons d’en planter 1 million d’ici fin 2017. Nous avons tout développé avec nos petits bras jusqu’à maintenant, mais j’ai désormais besoin d’un peu de financements pour permettre d’accélérer notre développement. C’est pour y parvenir que j’ai lancé une campagne de financement participatif sur www.bluebees.fr/treez. Tout le monde peut prêter de 20€ à 1000€, et sera remboursé avec un taux de 2% par an. L’objectif est d’atteindre 50.000€ de prêt d’ici fin février. Passez le mot ! 😉

Parmi les autres projets, nous souhaitons lancer de nouveaux produits en 2015, mais je ne peux pas trop en dire à ce stade. 

 

Aujourd’hui je considère que la mission que t’es « imposée » contribue au monde de demain. Le monde de demain, comment le vois-tu ? l’imagines-tu, le rêves-tu ? Quels acteurs aimerais tu y voir ?

Je suis un incurable optimiste. Je sais que le monde de demain sera plus harmonieux, plus équilibré, plus pérenne et plus juste que celui d’aujourd’hui. C’est la seule voie possible. Non pas pour faire plaisir aux petits oiseaux, mais parce que l’Homme est doué d’une chose qui ne peut que le mener sur cette voie : l’instinct de survie. 

 

Je ne sais pas exactement de quoi le monde de demain sera fait et je ne suis pas sûr qu’on y parvienne sans passer par quelques crises politiques. J’espère qu’on limitera la casse. Ce que je sais en revanche, c’est qu’il y aura un temps où nos descendants nous regarderont comme des hommes préhistoriques : « Comment ont ils pu vivre selon un modèle qui menaçait leur propre survie ?? quels sous-développés les Hommes de cette époque étaient ils ! »

Et de fait, nous sommes aussi primitifs que les lapins de l’ile de Canna, en Ecosse, qui se reproduisent trop vite et menacent de faire disparaître toute cette ile de 11km2 … et de s’auto-détruire. C’est exactement ce que nous faisons ! 

 Faut-il être con, pardon, pour n’avoir rien trouvé de mieux qu’un modèle linéaire où il faut extraire des matières disponibles en quantités limitées, à l’aide d’énergie elle même issue de ressources limitées, pour fabriquer des biens aux durées de vie de plus en plus limitées, transportés à l’aide d’énergies limitées, et mis au rebut le plus vite possible alors que leurs composants sont encore exploitables, … Est ce tout ce que le génie de l’Homme a réussi à créer après tant d’années de « développement » et de transmission du savoir ? Ne sommes nous pas capables d’un peu plus d’ingéniosité ? 

 

En bref, je n’ai rien inventé, mais le monde demain sera circulaire, collaboratif, réciproque, respectueux des autres et du vivant dans son ensemble, plus harmonieux, plus équilibré, réconcilié… Il génèrera une valeur mieux répartie.

 Il verra des ennemis d’hier marcher main dans la main : Technologie et environnement / Profit et bien-être / Individu et collectif / Homme et Nature / Partage et Enrichissement etc…

 

Il n’y a pas d’autre voie : Soit l’Homme vivra en harmonie avec la Nature. Soit la Nature vivra en harmonie… sans l’Homme ! La Nature, elle, n’a pas besoin de l’Homme 😉

 

Une anecdote drôle que tu voudrais partager avec nous ?

 » Lorsque j’ai lancé Treez, j’ai trouvé le nom parfaitement adapté au projet. La rencontre des arbres (Trees) en anglais, et le « z » qui inscrit le mouvement dans la modernité, dans l’objectif final de reforestation, et en référence aux bracelets pour enfants à la mode qui s’appelaient à l’époque les « Bandz » et polluaient les cours de récré.
Je parle anglais, mais pas assez bien le Slang (argot) américain pour connaître l’autre sens de Treez… IL m’a donc complètement échappé qu’il s’agit d’un des noms utilisés par les connaisseurs pour désigner … le cannabis. A chaque fois que je fais des recherches sur le mot « Treez » pour voir qui parle de nous sur les réseaux sociaux, je me retrouve devant des dizaines de photos toutes plus belles les unes que les autres d’énormes sacs d’herbe, de joints, de fumeurs etc…
Faites le test vous serez pas déçus !
J’attends maintenant qu’un matin, la CIA vienne frapper à ma porte !
Et j’ai aussi hâte de développer Treez aux Etats-Unis, car je suis sûr que je n’échapperai pas à la question du nom à toutes les interviews que je donnerai. Dans le fond, c’est un accident mais ça me fait plutôt rigoler. Je ne changerai de nom pour rien au monde ! »

 

Autre chose à ajouter ?

Et aussi merci Jean-Marc ! Rencontrer des gens comme toi est un des incomparables bénéfices qu’il y a à choisir la douce vie d’entrepreneur …

 

logo texte HD

 image

 

Autres portraits coups de coeur : Anne-Sophie Novel,Claude et Philippe CharbuilletFabien Nicolardot , Audrey Etner , Shabnam Anvar,  Catherine Dauriac, Morgan Martinez, Sébastien Ravut

Anne Sophie Novel : une voix d’espérance

mardi 20 janvier 2015

En 2015, j’ai décidé de me remettre à écrire de manière plus régulière sur le blog de Marron Rouge. En ce début d’année, 2015 le terrorisme ayant occupé pas mal la scène en France il est plus que nécessaire et vital de présenter les « belles personnes » de notre société, et je vais vraiment m’y atteler. J’avais commencé en 2014 toute une séries de portraits et d’interviews et bien cela va continuer de plus belle en 2015.

 

Le premier portrait de cette année , je suis vraiment fier et content de vous présenter Anne-Sophie Novel, que je connais depuis les débuts de Marron Rouge. Je l’ai connu à travers un groupe de discussion  les Eco-Informateurs et puis au fur à mesure j’ai découvert Anne Sophie, et ses engagements qui me plaisent .

Elle est l’une  de ces rares personnes que « j’admire » :  les messages qu’elle diffuse à travers ses différentes « interventions » ,  sont limpides et transparents. Elle a regard juste sur l’actualité avec  humilité. Bien entendu je suis sensible au développement durable et à l’écologie ce qui me rend plus à l’écoute des ses écrits, mais l’humanité avec laquelle Anne Sophie « traite » ses sujets est  tellement présente que l’on ne peut être que séduit. Quand vous verrez son parcours vous comprendrez pourquoi elle « m’impressionne ».

J’ai eu la chance de rencontrer Anne Sophie lors d’une journée presse et j’en suis ravi. J’étais comme un petit garçon tout timide.

 Je vous laisse la découvrir sans plus attendre. Je la remercie  pour cet interview et du temps qu’elle a bien voulu nous consacrer.

 

Bonjour Anne Sophie pourrais-tu nous faire un résumé de ton parcours ?

Mon parcours professionnel est assez conventionnel côté études : bac s, prépa Lettres et Sciences Sociales, magistère d’économie et finances internationales, doctorat en économie du terrorisme… C’est en 2006 alors que j’étais en seconde année de thèse que j’ai commencé à écrire sur les blogs concernant les sujets qui m’étaient chers dans mon cursus académique mais qu’on voyait peu dans les médias. Ayant toujours eu une passion pour les médias mais refusant de faire du journalisme sans spécialité et carrière préalable, le blog était un bon espace d’échange et d’apprentissage pour moi… J’ai rencontré nombre de personnes formidables ainsi, puis ma connaissance du web écolo et la découverte d’un petit logiciel permettant de partager des favoris m’a conduit à créer Ecolo-Info en 2007, devenu association en 2008, avec tous les amis que je m’étais fait sur le web… Une belle aventure qui continue aujourd’hui, et qui m’a fait venir au social media management avec des premières demandes d’accompagnement et de formation en 2010, puis au journalisme bien plus tôt que prévu 🙂 Aujourd’hui je vis essentiellement de l’écriture, via les articles ou les livres, mais aussi avec des formations, des conférences et expertises. J’ai la chance pour l’instant de pouvoir me consacrer à ce qui me passionne, ça n’est pas donné à tout le monde.

 ANNE SOPHIE NOVEL - COPYRIGHT-FORMATBLOG

Anne-Sophie Novel – Photo de Julien Panie

 

Tu es une femme « touche-à-tout » mais toujours sur un fil conducteur qui va de l’écologie en passant par les alternatives durables, l’innovation sociale et l’économie collaborative . Comment est née cette passion pour cet engagement sans failles.

 Mon intérêt a été aiguisé lors de mes classes préparatoires, j’avais une passion pour la question des inégalités et la justice sociale, les théories de Rawls, etc. Le sujet n’est jamais tombé lors des concours blancs, mais il est tombé le jour des concours, la chance 🙂 Je n’ai pas eu mes concours pour autant, et je suis allée à la fac plutôt que de faire une troisième année de prépa. De quoi découvrir le monde de la finance internationale et du trading de matières premières, que j’ai détesté, puis le monde du commerce international. J’ai étudié de près les questions de préférences commerciales, les mécanismes de l’Organisation Mondiale du Commerce, j’ai écrit un mémoire sur la place des pays en développement à l’OMC, organisé une conférence internationale sur le sujet pour l’Institut Français des Relations Internationales… avant de me lancer dans une thèse sur l’économie du terrorisme car à 20 ans j’étais encore sidérée, en 2001, que l’homme en arrive encore à ce genre de conflits au XXIème siècle… Bref, entre 2005 et 2009 j’ai regardé les attentats terroristes touchant les Etats-Unis depuis 1960… et me suis rendue compte que de nombreuses violences étaient une fois encore liées à la question des ressources… en préambule de ma thèse, soutenue en juin 2009, j’annonce clairement que je dédierais la suite de ma carrière aux questions de développement durable.

 

 

Journaliste, Auteur (mais on y reviendra plus tard), Conférencière, Formatrice comme t’y retrouves-tu pour « exercer tous ces métiers » ? Y-a-t-il une des activités que tu préfères par-dessus-tout ?

 

 

Anne Sophie Novel à la conférence Ted de Nantes

 

Ces métiers se nourrissent les uns les autres. J’aime faire des recherches, investiguer, prendre le temps d’explorer ce qui m’intrigue, aller dans le fond des choses. Avec l’envie d’expliquer au plus grand nombre ce qui se passe, vulgariser, que cela ait une utilité sociale. Donner des formations et accompagner en social media management m’a longtemps permis d’acheter du temps pour effectuer des recherches et écrire les livres que je voulais écrire sur les sujets qui me parlaient et que je ne voyais pas traités autre part. De fait je suis une journaliste spécialisée, mais comme je n’aime pas avoir la sensation de tourner en rond j’aime renouveler la pensée et me dire que ce que j’ai appris peut servir de nouvelles thématiques de réflexions… Lors des conférences que je donne ou que j’anime je me régale aussi car les rencontres, le terrain et la controverse sont de formidables occasions d’échanges et d’apprentissage.

Bref… j’aime tout ce que je fais, je manque seulement parfois de temps pour prendre le temps, et c’est de là que naissent mes frustrations… mais en 2015 j’ai décidé de régler ça 🙂

 

 

Tu écris dans des journaux prestigieux : Le Monde, l’Express et plus récemment dans le 1 Hebdo. Sens-tu aujourd’hui un changement d’attitude auprès des rédactions de ces journaux, qui ne sont pas tous « engagés », plus qu’un intérêt pour le « développement durable » ?

 J’ai de la chance de travailler avec ces rédactions en effet, et j’apprends beaucoup de cela. J’ai compris avec le temps que la majorité des journalistes ne se posent qu’en témoins de la réalité, ils sont là pour raconter ce qu’ils observent, témoigner, analyser. Avec le défaut de certains médias que de faire de la surenchère, surtout à la TV, sur de l’actualité qui fait audience, mais sans forcément faire sens (Nabila vs climat par exemple). Mais comme beaucoup de professions les journalistes sont formatés, et il est difficile de leur demander d’avoir une grille de lecture « verte » du monde. C’est donc surtout une affaire de personnes qui, dans les rédactions, dont plus sensibles et alertes que d’autres sur ces questions. Il existe de nombreux journalistes sensibles et engagés dans ces sujets, et ils font tout pour parler de ces questions. Au Monde c’est ce que j’essaye de faire sur les alternatives de vie durable, à L’Express c’est avec Isabelle Hennebelle la rédactrice en chef du hors série Business et Sens que nous pouvons proposer ces contenus différents. Et au 1 c’est Eric Fottorino qui m’a demandé de rejoindre l’équipe en tant qu’économiste spécialiste de ces sujets. Je me régale à travailler avec ces trois rédactions qui avancent toutes à leur manière. Une chose est sûre: en 2015, tous les médias se préparent pour la couverture de la COP21, et c’est une bonne chose !

 

 

Ce qui m’intéresse aujourd’hui c’est Anne Sophie Novel L’AUTEUR : Tu as déjà écrit Le guide du Locavore, Vive la Co Révolution, La Vie Share Mode d’emploi. Tu as révisé l’édition 2012 du Chant de la Terre sur la vie de Pierre Rabhi. Et puis cette année avec 10 « grands témoins » tu as donné ton témoignage à Olivier Le Naire pour NOS VOIES d’ESPERANCE * qui fera aussi l’objet d’un billet séparé sur mon blog dans les mois qui suivent

Nos voies d'espérance

 

Comment s’est faite la rencontre avec Olivier Le Naire ? As-tu dit oui tout de suite lorsqu’on t’a fait la proposition de participer en tant que témoin à ce livre et pourquoi ?

 Nous nous sommes rencontrés lors d’une séance photo pour Canal Plus, pour la promotion du documentaire Global Partage. Je ne l’avais jamais rencontré mais nous étions en contact dans le cadre d’une conférence sur laquelle nous étions tous les deux attendus quelques semaines plus tard lors du festival Atmosphère, sur la question des Fab Lab. Nous avons commencé à sympathiser ainsi, il m’a parlait de son projet de livre que j’ai tout de suite trouvé génial, et c’est peu après qu’il m’a sollicitée comme témoin. J’ai été fort flattée et ravie d’y participer, forcément ! Il voulait que je témoigne pour cette frange de la jeunesse qui essaye d’agir autrement, et que j’explique pourquoi on peut refuser de bosser à Bercy pour choisir l’écologie, donc forcément je ne pouvais pas refuser. Puis Olivier a un don: simplifier le propos, rendre l’écologie intelligible pour le plus grand nombre. Cela lui demande beaucoup, il est très exigeant et tatillon, mais il n’y a pas de secret!! Puis cela m’a permis de revoir Pierre Rabhi, Nicolas Hulot, Cynthia Fleury, de rencontrer Frédéric Lenoir, Erik Orsenna, Malik, Dominique Meda et Pierre Henri Gouyon… que des personnalités formidables, très peu dans l’ego, très à l’écoute. Un vrai bonheur !

 

 

 

Nos voies d’Espérance : quel beau titre sur un livre optimiste tel que celui-ci : le titre du livre était-ce un travail collectif ou c’est Olivier Le Naire qui l’avait d’emblée ?

Nous l’avons décidé ensemble parmi plusieurs propositions, avec les maisons d’édition, le terme « espérance » nous a fait débattre un peu, nous avions peur qu’il soit perçu comme une référence religieuse.

 

 

A quel moment tu as découvert les 9 autres témoignages ?

Au fur et à mesure, le mien est l’un des derniers à avoir été rédigé, Olivier a travaillé dur pour rassembler cette matière, l’écrire, la réécrire…! Mais je n’ai vu l’agencement des témoignages et découverts trois d’entre eux qu’à la réception du livre seulement.

 

Enfin à part ton témoignage y-a-t-il dans le livre des écrits, des citations, des passages qui t’ont touchées plus que d’autres ?

J’ai trouvé celui de Cynthia Fleury très clair, j’ai adoré celui de Pierre Henri Gouyon, limpide et très pédagogue. Puis de manière générale je me sentais un peu à la maison avec tous les autres que je lis et suis depuis si longtemps :))

 

De Moins en Mieux le site d’Anne-Sophie Novel

* NOS VOIES d’ESPERANCE : Les dix intervenants ont abandonné aux Restos du Cœur la totalité de leurs droits d’auteur sur ce livre.

 

Autres portraits coups de coeur : Claude et Philippe CharbuilletFabien Nicolardot , Audrey Etner , Shabnam Anvar,  Catherine Dauriac, Morgan Martinez, Sébastien Ravut

Le rouge, le noir et le vert

samedi 10 janvier 2015

Vraiment pas le cœur !

A cette période de l’année, habituellement,  je vous adresse mes vœux pour la nouvelle année et nous vous proposons des soldes et bien nous n’en n’avons vraiment pas le cœur.

Ce 7 janvier, 2015 sera marqué à jamais par cet assassinat de 12 personnes au sein de la rédaction de Charlie Hebdo, le célèbre journal satirique français.

Ce 8 janvier 2015 sera marqué par la mort d’une policière tuée dans l’exercice des fonctions par un terroriste à Paris. 

Ce 9 janvier 2015 sera marqué à jamais par la mort de 5 personnes dans une supérette cachère à Paris, ainsi que les deux auteurs présumés de l’attentat contre Charlie Hebdo

 

ROUGE

RED

 

Je m’incline devant toutes ces victimes de cette barbarie. Je pleure ces êtres humains qui sont partis car ils étaient libres de vivre,  dessiner et de penser

Les mots qui me viennent à la bouche sont violence, ignominie, sauvagerie, tristesse et solidarité.

Ce 7 janvier sera marqué à jamais dans mon esprit tout comme le 11 septembre, 2001 (New York) à New York, le 11 mars 2011  (Fukushima). L’élan d’unité qui est né spontanément dans toute la France et dans le monde est une belle preuve de solidarité qui reste enfouie dans le cœur des citoyens.

 

 

NOIR

BLACK

 

En créant le projet Marron Rouge basé sur le design l’environnement et l’humain je changeais radicalement de vie pour consacrer mon temps à des causes nobles et mettre l’humain au cœur de mes projets. Ce qui vient se passer ce 7 janvier 2015 et quelques autres en 2013/2014 pour ne citer que les plus médiocres :

  • une vedette de téléréalité qui fait la une des journaux télévisés parce qu’elle a blessé son compagnon,
  • un livre écrit par pure méchanceté par une femme aigrie et qui se vend par milliers,
  • des citoyens  qui manifestent car ils refusent le bonheur d’autres êtres  humains car ils ne vivent leur amour de la même façon qu’eux,
  • Un polémiste qui crache son venin sur la race humaine et qui l’écrit pour vendre ses livres,

Ce n’est pas le monde dans lequel j’ai envie de vivre. Ce n’est le message d’amour et de fraternité que m’ont transmis mes parents (paix à leur âme). Je n’ai pas été élevé dans un système de pensée unique et c’est tant mieux. 

Je refuse cette médiocrité, cette méchanceté, cette bêtise pour  avoir un regard plus bienveillant et plus respectueux envers les autres êtres humains, même si on ne partage les mêmes opinions qu’eux.

Je vais terminer par une note plus positive et optimiste

Je vais souhaiter  un immense succès à la conférence sur le climat qui se tiendra cette année à Paris en France. LA COP21 est un enjeu et il faut tout faire afin  que des décisions soient prises pour le bien de notre planète et notre bien à  tous.

 

VERT

GREEN

Souhaitons aussi que toutes ces guerres civiles, militaires, officielles et non-officielles, qui existent partout dans le monde cessent.

Je ne suis pas un donneur de leçons, pas un homme politique, pas un insouciant inconscient  non plus,  mais un simple citoyen  doux rêveur, les doux rêveurs sont de plus en plus nombreux et laissons de la place à la fantaisie, au partage  à la solidarité, aux initiatives positives. C’est nous qui sommes les acteurs de notre vie et soyons prêts à faire en sorte qu’en 2015 notre monde redevienne serein et humain

Je vais vous souhaiter, des joies, des bonheurs, des chouettes moments à partager avec ceux que vous aimez.

 

Belle année 2015

 

Jean-Marc Attia